| Conseil métropolitain du 08/10/2026 Intervention portée par Léo Beaufils au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s – sur la délibération n°3 – M. Puil H. : Habitat – Conférence Intercommunale du Logement (CIL) – Installation pour le mandat 2026-2032 |
Madame la Présidente, Mes chers collègues,
À l’occasion de cette délibération, les écologistes souhaitent réaffirmer les ambitions de Rennes Métropole pour le droit au logement, notamment social, et trois principes qui fondent cette politique publique.
Le premier principe, c’est celui d’un droit au logement qui doit être effectif, notamment par une offre suffisante et dans l’ensemble des communes.
À Rennes Métropole, nous avons des objectifs ambitieux, répartis sur l’ensemble du territoire et contractualisés avec chaque commune.
Aussi, le loyer unique est une mesure d’égalité qui permet que le choix du logement social ne dépende plus de la localisation ou de l’ancienneté du bâtiment, mais que tous les logements sociaux, où qu’ils soient, soit accessibles à n’importe qui.
Et pendant ce temps, mes chers collègues, l’extrême droite, et parfois la droite soit disant républicaine, partent à l’offensive pour tout bonnement abroger la loi SRU qui nous permet depuis les années 2000 d’accélérer la construction de logements sociaux.
Dans ce contexte, de détricotage de nos outils de solidarité nationale, les principes de notre programme local de l’habitat doivent être ré-affirmés, et avec force.
La loi SRU est ce qui garantit que chaque commune prend sa part pour apporter une réponse aux 3 millions de ménages qui attendent toujours un logement social en France, aux 4 millions de personnes mal logées.
Face à cette urgence, le logement social ne doit donc pas être fragilisé, mais bien consolidé et développé.
Autre principe important : l’accès au logement se doit aussi d’être universel.
En matière de logement social, les critères d’attribution reposent d’abord, et c’est bien heureux, sur une logique de résidence, de ressources et de besoins, qui rejoint, en fait, un principe fondateur de notre protection sociale : « Chacun contribue selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins. ».
En pendant ce temps, l’extrême droite, toujours les même, défend un accès discriminé au logement social, à travers l’idée nauséabonde de « préférence nationale ».
C’est pourquoi, il nous faut plus que jamais redire que le logement est le premier des droits.
N’oublions jamais, mes chers collègues, que l’accès à ce droit est déterminant dans le combat contre la précarité, qui s’accroît, pour faciliter l’accès à l’emploi ou encore permettre la scolarisation des enfants.
Enfin, le dernier principe que nous voulions réaffirmer ce soir, c’est celui de la dignité.
Parce que répondre à la crise du logement, c’est aussi garantir la qualité des logements existants.
C’est le sens de nos engagements pour la rénovation du parc actuel de logements sociaux. Au Blosne, à Maurepas, mais aussi à Chartres, Bruz ou encore Brécé, ce sont des millions d’euros qui sont investis pour rénover les logements existants.
Aussi, le permis de louer adopté également ce soir est un nouvel outil qui permettra de mieux garantir la qualité d’un parc locatif privé souvent destiné à une jeunesse précarisée.
Issu de la loi ALUR de 2014, portée par la ministre écologiste Cécile Duflot, il permet certains logements avant leur mise en location, plutôt que d’attendre que les locataires soient confrontés à l’habitat indigne.
Face aux 30 000 ménages qui attendent un logement social, dans Rennes Métropole, notre réponse, elle est claire : produire davantage de logements sociaux, garantir une répartition équitable entre les communes, et assurer un accès universel à ce droit. C’est aussi rénover le parc existant et faciliter les parcours résidentiels, en développant d’autres formes d’accession au logement, comme le bail réel solidaire (BRS).
La réponse à la crise du logement ne peut être, comme le voudrait l’extrême droite, ni de désigner certains boucs émissaires, ni de monter les gens les uns contre les autres, ni d’affaiblir les mécanismes de solidarité territoriale.
Notre responsabilité collective, c’est au contraire de faire vivre ces solidarités.
Je vous remercie,
– Seul le prononcé fait foi –