Madame la Présidente, mes chers collègues,
Les élu.e.s écologistes ne peuvent qu’approuver cette convention entre Rennes Métropole et l’Établissement Public Foncier de Bretagne dont l’objectif est de mieux maîtriser les fonciers économiques pour favoriser la densification des zones d’activités et la régulation des activités économiques qui s’y développent.
Dans ce cadre, et même si elle n’est pas en tant que telle l’objet de cette délibération, il est une zone d’activité qui mobilise fortement notre attention depuis longtemps et qui connaît des actualités récentes. Je veux bien sûr parler de La Janais et de son usine automobile Stellantis.
Les écologistes défendent une maîtrise publique des fonciers économiques de La Janais dans la perspective d’y développer un pôle d’Excellence Industrielle bas carbone tournée vers la transition énergétique et les mobilités décarbonées. Ce travail est engagé depuis plusieurs années, et même si l’appréciation de la notion de mobilités décarbonées diffère en fonction des groupes politiques qui siègent au sein de cette assemblée, le développement ces dernières années à la Janais de Cap Valo, de Sweetch Energy, de PackGy ou encore du Batiment 78 vont bien dans ce sens.
Évidemment, la transformation écologique et industrielle de La Janais que nous appelons de nos vœux ne peut se faire sans que son avenir amiral, à savoir l’usine Stellantis, soit en bonne santé. Elle ne peut se faire non plus sans que Stellantis ne soit aussi pleinement impliqué dans cette transformation.
Vous le savez, les écologistes considèrent que la décarbonation des mobilités passe avant toute chose par des changements de comportement en faveur des mobilités actives et des transports en commun.
Pour autant, même avec les politiques les plus volontaristes, la voiture restera un outil de mobilités, notamment pour les habitants des territoires peu denses pour lesquels le développement d’une offre performante de transports en commun en alternative à la voiture reste difficile à mettre en œuvre. Dans ces situations alors, la massification de la voiture électrique fait bien partie des solutions de décarbonation. Elle est plus efficace au plan énergétique et à un bilan carbone sur l’ensemble de son cycle de vie 60% plus faible qu’une voiture thermique. Elle reste très impactante sur l’environnement par ses besoins en métaux mais les filières de réemploi et de recyclage sont techniquement possibles.
La prochaine voiture électrique produite à Rennes sera chinoise.
L’usine rennaise de Stellantis a pris depuis quelques années maintenant le virage de l’électrique et elle s’inscrit donc bien dans la stratégie qui est la nôtre de transformation écologique de notre industrie locale.
Mais sa santé, nous le savons, est fragile. Du fait notamment qu’elle ne produit plus qu’un modèle unique de véhicule. Et comme l’intégralité des usines automobile européennes elle est actuellement très en deçà de ses véritables capacités de production. Ce qui ne peut que nous inquiéter sur son avenir et celui des près de 2 000 salariés qui y travaillent. Dans ce contexte, la perspective d’un partenariat annoncé avec le groupe chinois Dongfeng pour produire au moins un véhicule supplémentaire apparaît être une bonne nouvelle pour l’emploi.
L’autre bonne nouvelle c’est que la mesure d’ajustement carbone aux frontières intégrée au pacte vert européen, des droits de douane relevés et associés à la perspective d’une nouvelle directive européenne dite « d’accélération industrielle » qui pourrait obliger à l’intégration de 70% de contenu dit local dans la production automobile amène bien aujourd’hui les constructeurs chinois à produire en Europe les véhicules qu’ils destinent au marché européen. Membres d’une famille politique qui n’a eu de cesse au Parlement européen de défendre la protection du marché européen face au dumping social et environnemental de la Chine, nous ne pouvons que considérer positivement le mouvement en cours.
Nous n’oublions pas néanmoins que le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan affirme dans un rapport de février 2026 que la montée en puissance industrielle de la Chine est devenue une menace systémique pour l’économie européenne. Son développement pose des enjeux environnementaux, sociaux comme de souveraineté extrêmement forts et desquels nous ne pouvons nous affranchir aujourd’hui.
Ainsi, si un partenariat entre Stellantis La Janais et un constructeur chinois peut être une bonne nouvelle pour l’avenir de ce site, l’emploi et l’avenir des salariés actuels et de leur famille à qui nous voulons redire ce soir tout notre soutien ; nous voulons aussi affirmer ici notre souhait que Rennes Métropole, dans le cadre de ces compétences, agissent pour garantir que ce partenariat soit parfaitement respectueux des conditions de travail des salariés ; Qu’ils s’inscrivent pleinement dans les orientations de transformations écologiques du site ; Qu’il apporte des garanties réelles sur le maintien de l’emploi dans le temps long ; Qu’ils intègrent enfin pleinement les enjeux de souveraineté industrielle.
Dans ce cadre, nous souhaitons que les actifs du site de La Janais restent propriété de Stellantis. De la même façon, ce nouveau partenariat doit permettre le développement économique du territoire en bénéficiant en priorité aux sous-traitants et aux partenaires industriels de la région, et nous pensons particulièrement aux acteurs de l’Economie Sociale comme Talendi. Ces deux éléments, la propriété du site et la maîtrise de la chaîne de sous traitants, sont des enjeux majeurs de souveraineté industrielle sur lesquels nous ne pouvons déroger.
– Seul le prononcé fait foi –
