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Droit au logement : Rennes Métropole s’engage face à un Etat défaillant

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Au nom des élu.e.s écologistes, fédéralistes et citoyen.ne.s, je veux saluer l’engagement renouvelé de notre collectivité auprès des acteurs du logement très social et de l’hébergement d’urgence à travers le programme Hospitalité déployé depuis 2023. 

L’hébergement d’urgence est une compétence de l’État… mais aujourd’hui, ce sont les collectivités qui compensent. 

En effet, les actions de la collectivité permettent l’hébergement de près de 1 000 personnes chaque nuit. Et ce dans un cadre métropolitain qui doit permettre une juste répartition du nécessaire effort de solidarité envers les plus précaires entre toutes les communes de notre Métropole. 

On pourra juger que face à l’aggravation de la pauvreté dans notre pays et sur notre territoire cet engagement reste insuffisant. Mais nous voulons redire qu’il est inégalé à l’échelle nationale. Et que surtout il vient en substitution des actions de l’Etat qui dispose, rappelons-le, d’une compétence exclusive en matière d’hébergement d’urgence. Il nous faut bien sûr répondre au mieux aux situations dramatiques que connaissent certaines familles sur notre territoire mais, rappelons-le, le combat prioritaire reste une politique nationale du logement digne de ce nom.  

Et clairement nous n’en prenons pas le chemin. Si nous disposons aujourd’hui d’un dialogue constructif avec la Préfecture, le cumul des désengagements de l’Etat ces dernières années et les annonces de nouveaux gels de budgets nationaux en particulier dans le champ de la solidarité, le tout associé à un contexte de crise généralisée du logement et d’aggravation de la pauvreté ne peut que nous inquiéter pour les mois à venir. 

La fin de la trêve hivernale provoque inévitablement l’expulsion d’un certain nombre de familles. S’ajoute à cela les multiples  dysfonctionnements dans le suivi des dossiers des personnes étrangères par les services de Préfecture. Ces dysfonctionnements ont été récemment dénoncés par de nombreuses associations réunis au sein du collectif « Bouge ta Pref » et ils nous interpellent particulièrement car ils ont pour conséquences d’empêcher clairement certaines personnes étrangères mais bénéficiant d’un titre de séjour de pouvoir accéder à la filière classique du logement, engorgeant d’autant plus celle de l’hébergement d’urgence. Cette situation est ubuesque et met à mal la capacité pour de nombreuses familles de pouvoir simplement vivre dignement. 

Ainsi nous voulons redire l’importance de l’engagement de notre collectivité sur la question du logement et de l’hébergement d’urgence, l’importance aussi que l’ensemble des acteurs sociaux et de la solidarité travaillent de concert pour accompagner au mieux les ménages les plus précaires tout en affirmant notre souhait que l’Etat, et c’est véritablement une priorité, assume pleinement ses obligations sur le sujet. 

– Seul le prononcé fait foi –