Madame la Maire, mes chers collègues,
Comme chaque année le Directeur académique de l’éducation nationale nous transmet pour avis la carte scolaire prévisionnelle pour la rentrée prochaine, à savoir les affectations et les retraits d’emplois, définitifs ou conditionnels.
Tout au long de l’année, un travail conjoint d’analyse des effectifs projetés est mené entre l’IA et la Ville, à l’aide des travaux de prospective scolaire réalisés par l’Audiar et précisées au fil de l’eau au fur et à mesure des inscriptions scolaires centralisées par les agents de la Ville. De nombreux échanges ont lieu notamment avec les IEN et plus particulièrement avec les directions d’école.
Cette méthode nous permet d’avoir une vision assez claire des effectifs de rentrée, même si ce n’est évidemment pas une science exacte et que nous savons que dans une ville comme Rennes nous scolarisons des enfants en flux continu tout au long de l’année et que dans certaines écoles les départs et les arrivées sont extrêmement nombreuses, rendant l’exercice encore plus complexe.
Le partenariat avec l’Audiar et le dialogue instauré avec l’Éducation nationale en local est précieux et nous permet d’être le plus réactif possible, notamment dans l’affectation à chaque rentrée de moyens budgétaires et humains dans chaque école. Notons d’ailleurs que cette méthode de travail n’existe pas dans toutes les villes ni dans toutes les académies et qu’il ressort d’un dialogue plutôt fructueux avec la DSDEN à Rennes depuis de nombreuses années.
Nous avions fait part très tôt de nos inquiétudes concernant un certain nombre d’écoles et des fermetures de classes annoncées. Les alertes des parents d’élèves et de la Ville auront été partiellement entendues et certaines mesures de carte scolaire auront été abandonnées ou seront passées en conditionnelle.
Cependant, si la Bretagne avait été plutôt épargnée jusqu’à maintenant, l’annonce des très nombreuses fermetures de classes à l’échelle de l’Académie et notamment du département d’Ille et Vilaine pour la prochaine rentrée a été un choc. Si la Ville de Rennes conserve un statut particulier du fait d’une démographie scolaire toujours globalement positive avec autant d’ouvertures de classes que de fermetures, la question des fermetures annoncées et surtout les non-ouvertures portant le nombre d’élèves par classe à un seuil élevé ou au dépassement du seuil de 14 enfants pour les classes dédoublées qui passent à 15, puis à 16, puis à 17, ces mesures nous inquiètent. La France compte les classes les plus chargées d’Europe, voire de l’OCDE. Lorsque l’État français se réjouit de ne pas dépasser 24 ou 25 élèves par classe, nous sommes déjà bien au-delà de la moyenne de l’OCDE.
Sans entrer dans le jeu délétère de la concurrence entre notre ville et des territoires plus ruraux où le maintien ou l’ouverture de classes sont aussi un besoin, nous ne pouvons que constater les besoins éducatifs croissants de l’école publique face à l’appauvrissement de nombreuses familles, en lien aussi avec la nécessité d’accueillir mieux et plus les enfants en situation de handicap, celle aussi d’accompagner des niveaux hétérogènes en classe et d’adapter les pédagogies ce qui nécessiterait des enseignants surnuméraires, des aides aux démarches administratives nombreuses dans les écoles, des aides à la vie scolaire, comme dans le premier degré, qui lui aussi est mis à mal avec des dotations en baisse et notamment la suppression de postes de CPE à la prochaine rentrée. Il faudrait au contraire, plus d’enseignants pour décharger plus les directions d’école et mieux accompagner les enfants en difficulté scolaire, pour plus d’égalité, plus de réussite éducative. (cas de Paris)
L’académie fait avec l’enveloppe qui lui est allouée, tout comme la DSDEN. C’est la stratégie nationale du ministère de l’éducation que nous interrogeons. Et d’ailleurs, y a-t-il une stratégie au niveau de l’État concernant l’avenir de nos enfants. Cela fait 6 ans que les maires et les élus à l’éducation interpellent les nombreux ministres et cabinets successifs qui ne semblent pas savoir où aller, au-delà d’une gestion comptable des écoles.
Les syndicats enseignants et les parents se mobilisent pour l’école publique et nous sommes à leurs côtés, ils ont raison d’être en colère.
Pour en revenir à la carte scolaire rennaise et les mesures prévues, nous avons donc 2 fermetures définitives à Louise Michel maternelle et Sonia Delaunay primaire, ainsi qu’en classe bilingue chinois à Poterie.
6 retraits conditionnels à Chateaugiron – Landry maternelle, Contour st aubin élémentaire, Gantelles élémentaire, Ille maternelle, Pablo Picasso maternelle et Villeuneuve élémentaire.
Des ouvertures à Duchesse Anne maternelle, Joseph Lotte élémentaire, Jules Isaac élémentaire, Marie-Pape Carpentier et Myriam Makeba primaire.
3 ouvertures conditionnelles à Louise Michel élémentaire et Poterie maternelle, Simone Veil primaire, ainsi qu’une ouverture conditionnelle pour l’enseignement bilingue breton à Volga maternelle.
Notons aussi le transfert du dispositif de répit de l’Éducation nationale et de l’ARS qui accueille des enfants en situation de handicap ou à besoins spécifiques de l’école Simone Veil à l’école l’école Champion de Cicé.
Au vu des éléments qui nous ont été communiqués et des inquiétudes que j’ai formulées plus tôt, et ce, en dépit du partenariat avec les services de l’EN en local, je vous invite, chers collègues, à émettre un avis réservé sur l’ensemble des mesures de carte scolaire proposées par le Directeur académique avec une alerte toute particulière sur les écoles Chateaugiron – Landry, Gantelles et pablo Picasso.
– Seul le prononcé fait foi –
