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Rapport annuel égalité femmes-hommes

Intervention de Valérie Faucheux, au nom du groupe écologiste et citoyen, lors du conseil municipal du 23 novembre 2020, au sujet du Rapport annuel sur les engagements de la Ville de Rennes, de Rennes Métropole et du CCAS en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

« Merci, Mme Letourneux, pour cette présentation. 

Le rapport sur les engagements de la Ville en matière d’égalité femmes/hommes nous rassure chaque année sur la détermination de notre collectivité à participer à ce combat fondamental.

Mais chaque année, les chiffres sur les victimes des violences sexuelles sont terribles. Juste, un chiffre pour mesurer le fléau, en 2019, l’Observatoire national sur les violences faites aux femmes dénombre 94 000 femmes victimes de viols ou de tentatives de viol. Dans 91 % des cas, ces agressions ont été perpétrées par une personne connue de la victime, et seulement 12 % d’entre elles ont pu porter plainte.

Ces chiffres terribles révèlent combien notre société, l’humanité, c’est-à-dire nous collectivement, avons accepté cette réalité criminelle, presque comme une conséquence inéluctable d’un ordre naturel des relations entre les hommes et les femmes. 

La Convention européenne d’Istanbul de 2014 sur les violences faites aux femmes, bien entendu ratifiée par la France affirme : « La violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes, privant ainsi les femmes de leur pleine émancipation. »

Depuis 3 ans, l’ampleur des révélations de ces violences grâce aux mouvements MeToo, Balancetonporc ou NousToutes, au mouvement des femmes dans son ensemble, a provoqué une libération de la parole des victimes, qui se sont soutenues, aidées, conseillées pour dire et décrire les faits de violences, dénoncer les coupables, demander justice, obtenir réparations et surtout sanctions pour les agresseurs à la hauteur de la gravité des crimes ou délits qu’ils ont commis.

Depuis cet été, le monde culturel rennais a fait l’objet d’accusations très graves pour des faits de violences et de harcèlements sexuels, ici par une chanteuse lyrique à l’encontre de son partenaire sur scène, là pour des élèves en théâtre du Conservatoire à l’encontre de leur professeur principal, ou dernièrement par plusieurs femmes contre des jeunes hommes, artistes dans le secteur musiques actuelles.

Nous devons toutes et tous remercier ces victimes de parler, et les soutenir pour qu’elles puissent porter plainte contre leurs agresseurs.

Elles sont l’honneur de notre ville et de l’écosystème culturel et artistique rennais dont nous pouvons être si fiers par ailleurs.

Mais nous, collectivité, équipements publics, culturels, d’enseignement, de pratique amatrice ou professionnelle, acteurs et actrices culturel·le·s partenaires, sommes-nous prêts à prendre toute notre part dans cette lutte contre les violences sexuelles et sexistes ?

Face au non-recours des victimes à leur droit de porter plainte, à leur difficulté à témoigner en confiance, à leur peur des conséquences pour leur carrière professionnelle, nous avons une responsabilité. Celle d’encourager les signalements et favoriser les témoignages. Une responsabilité à accompagner les victimes dans le difficile parcours de reconnaissance de ces violences. Et enfin la responsabilité de mettre en place d’urgence des procédures simples, sécurisées pour les plaignantes et plaignants, facilement accessibles et immédiatement suivies de décisions préventives pour faire cesser ces violences sexuelles et sexistes…

Face à l’inexpérience, l’incrédulité, l’absence d’empathie voire le déni de certain·e·s responsables qui reçoivent des témoignages de ces violences, nous devons définir un protocole de bonnes pratiques à appliquer scrupuleusement lors de signalements, sans qu’aucune personne bénéficiant d’une certaine autorité ne s’octroie le pouvoir de juger seule la gravité d’un fait de violence sexuelle ou sexiste.

Je sais que nos collègues Benoît Careil, Geneviève Letourneux, Priscilla Zamord et beaucoup d’autres élu·e·s et services autres que culturel·le·s, ont pris la dimension et l’urgence de l’enjeu.

Mes collègues se mobilisent activement pour créer ensemble ces protocoles de bonnes pratiques et surtout de nouveaux dispositifs d’information et de formation les plus efficients possibles qui devront s’imposer partout où ces violences peuvent avoir lieu, c’est-à-dire malheureusement partout.

Que les victimes soient assurées de notre soutien, de notre écoute et notre disponibilité totale. »