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Intervention de politique générale

Intervention de politique générale de Priscilla Zamord, au nom du groupe écologiste et citoyen, lors du conseil municipal du 23 novembre 2020.

Cher·è·s collègues, en cette période dure et obscure, marquée par le fanatisme barbare, nous observons toute de même quelques nouvelles positives. Les différentes annonces concernant l’avancement des vaccins contre la COVID-19 sont encourageantes et inaugurent une sortie de crise sanitaire. Une sortie de crise qui ne peut être durablement efficace sans la préservation de nos écosystèmes et sans une action écologique ambitieuse menée par le gouvernement. Ce même gouvernement qui est sommé par le Conseil d’État d’expliciter ses plans concrets pour lutter contre le péril climatique, à la demande de la ville de Grande-Synthe, territoire menacé par la submersion marine. 

Pour la défense de toutes les libertés 

Les bonnes nouvelles sont précieuses tandis que la majorité présidentielle semble être en perdition idéologique. Les alertes de l’ONU, des associations de défense des droits de l’homme, des syndicats de magistrat·e·s et d’avocat·e·s et de la Défenseure des Droits posent sérieusement question. Une dérive liberticide, la remise en question de la liberté de la presse, le déni des discriminations systémiques sont les composantes d’une stratégie dangereuse. Après le siphonnage électoraliste de la gauche puis de la droite, place maintenant à l’extrême droite dont le vocabulaire se diffuse malheureusement de plus en plus au sein de la majorité gouvernementale. 

Alors oui, il faut le dire, notre santé démocratique est en danger. L’ADN de notre démocratie c’est l’état de droit. Après le traumatisme des actes terroristes, nous avons toutes et tous, y compris les forces de l’ordre, un besoin légitime de sécurité renforcée. Mais le piège, c’est celui de l’exercice du droit abusif de l’État au nom de notre sécurité en bafouant notre patrimoine de libertés. L’ancienne Garde des Sceaux Christine Taubira le rappelle, la sécurité n’est pas la première des libertés, elle est la condition de l’exercice de nos libertés

Dans cette actualité marquée par la loi pour la sécurité globale, le Ministère de l’intérieur vient de publier son Livre Blanc. Ce rapport annonce des axes de travail, essentiels à nos yeux, sur la restauration de la confiance entre les policier·e·s et les citoyen·ne·s. Ce document fait malheureusement l’impasse sur les violences policières, sur le suivi disciplinaire des forces de l’ordre et sur le racisme. Le déni du contrôle au faciès est pourtant observé, analysé et condamné par l’ancien Défenseur des droits. Les écologistes souhaitent rassurer les Rennaises et les Rennais, notre démarche collective de Livre Blanc local pour la médiation et la prévention ne mettra sous le tapis aucun sujet

Pour l’égalité des droits

Dans un contexte de crises cumulées, la pauvreté galopante et le mal-être nécessitent une transformation sociale courageuse au-delà de mesures palliatives. Les associations d’aide aux plus démuni·e·s n’ont de cesse de nous interpeller sur les constantes vitales à maintenir. L’exigence de l’accès au droit alimentaire, au logement, à l’emploi, aux droits culturels dans l’ensemble des quartiers rennais est une des priorités communes de notre majorité.

Face à la paupérisation, la récente interpellation du Président par 150 maires rappelle l’enterrement des ambitions du plan Borloo. Le Premier Ministre a décidé ces derniers jours de consacrer 1 % du plan de relance aux quartiers défavorisés, c’est une avancée. Parce qu’une politique publique ce n’est pas une liste d’appels à projets, nous attendons maintenant de savoir quelles seront les solutions concrètes proposées, car trop de belles annonces gouvernementales n’ont pas été traduites dans les faits.

Les travailleuses et travailleurs pauvres sont légion dans notre pays, résultantes des nombreuses réformes antisociales de ces dernières années. Beaucoup sont issu·e·s de l’immigration postcoloniale. Patrice Blanc, Président des Restos du Cœur, a récemment témoigné de la présence croissante de livreuses et de livreurs précaires de repas sollicitant une aide alimentaire, ne pouvant décemment se nourrir avec leurs revenus. Quel triste symbole !

Le lancement du chantier pour Revenu minimum Garanti par notre collègue Cécile Papillion en lien avec le CCAS en partenariat avec le département d’Ille-et-Vilaine est un chantier important pour notre territoire, pour permettre à de nombreuses personnes de sortir la tête de l’eau. 

Parmi elles, une partie croissante de notre jeunesse, notamment étudiante. La garantie jeune que propose l’État n’est pas suffisante et le refus d’ouvrir le RSA pour les 18-25 ans nous oblige à faire preuve d’innovation sociale avec notre collègue élue Gwendoline Affilé pour tester le RMG en y intégrant le public jeune. Une expérimentation qui pourra peut-être, je l’espère, essaimer sur d’autres territoires. 

La jeunesse est au cœur des préoccupations des écologistes et nous restons mobilisé·e·s pour les jeunes invisibilisé·e·s qui font l’expérience d’inégalités cumulées. 

La justice sociale comme boussole 

La détermination de notre majorité locale est intacte. Nous sommes doté·e·s d’une solide boussole : celle de la justice sociale. Rennes reste plus que jamais une ville fraternelle, et ce en dépit des démagogues qui veulent empêcher l’expression de ce qu’il y a de solidaire, d’empathique, d’hospitalier et de raison en nous. Depuis le premier confinement, de nouvelles solutions ont germé, des initiatives ingénieuses portées par des entreprises et des associations ont fleuri au service de l’entraide. Nous saluons l’ouverture du centre Estrémadure pour l’hébergement digne de familles exilé·e·s ainsi que le travail de David Travers, et restons, en tant qu’écologistes, attachés à la mise à l’abri inconditionnelle des personnes exilé·e·s

Dans le monde d’aujourd’hui, des territoires s’engagent pour penser, comprendre, nuancer, débattre et lutter contre la paralysie. Il nous faut poser les bases d’un nouveau contrat social, écologique et démocratique qui unisse l’ensemble des Français·es. En tant qu’élues locales et élus locaux, notre sujet est de savoir comment nous renforçons notre cohésion urbaine et sociale, comment nous défendons notre tissu économique local et comment nous traduisons nos ambitions environnementales.