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Non au démantèlement de l’ADEME et à sa mise sous tutelle préfectorale

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Je profite de cette subvention à l’Agence Locale de l’Énergie et du Climat du Pays de Rennes pour affirmer un soutien à une autre agence aujourd’hui attaquée : l’Ademe.

Depuis plus de 30 ans, l’Ademe est un acteur central qui accompagne les collectivités territoriales, les associations et les entreprises dans leur transition écologique. En Ille-et-vilaine, c’est 5.5 millions d’€ qui ont été engagés par l’Ademe en 2025 pour ces transitions. L’Ademe a accompagné la métropole de Rennes sur une diversité de projets allant des rénovations énergétiques des bâtiments à la collecte de biodéchets en passant par le développement des mobilités durables. Autant d’actions indispensables face à l’urgence climatique. 

Pourtant, l’ADEME, cette agence essentielle fait l’objet de nombreuses attaques par la droite et l’extrême-droite qui la trouvent trop coûteuse et je cite “d’une utilité douteuse”. Dernièrement, le projet de loi “visant à renforcer l’Etat local” porté par une ministre bien connue en Ille-et-Vilaine, qui semble surtout maîtriser l’art subtil de la décentralisation par la recentralisation,  prévoit de transférer les directions régionales de l’ADEME au sein des DREAL, les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, placés sous l’autorité des préfets de région. Ce changement de tutelle n’est pas anodin et inquiète fortement l’ensemble des acteurs publics, associatifs et privés de la transition écologique. Il s’agit d’un énième recul de ce gouvernement qui a baissé les bras face au combat de notre siècle. 

Ce projet de loi risque en effet de conduire à  : 

·   Des politiques de transition écologique placées sous tutelle préfectorale, au détriment de leur autonomie et de leur capacité à porter une ambition environnementale forte ;

·   La mise sous contrôle politique de plusieurs milliards d’euros d’investissements annuels ;

·   La destruction d’une expertise indépendante, de qualité et de proximité 

·   Des mutations imposées pour de nombreux agents, avec des risques pour leurs statuts.

  • Des acteurs locaux qui perdront un interlocuteur privilégié, un partenaire qui les accompagne dans la durée, avec la souplesse et l’expertise d’une agence indépendante.

S’attaquer à l’Ademe, c’est donc s’attaquer à la capacité des collectivités et des entreprises à financer et mettre en œuvre leur transition écologique !

Dans un contexte d’accélération des dérèglements climatiques, doublé d’une crise énergétique, j’exprime, au nom des élu.es écologistes, fédéralistes et citoyens, notre plus vive préoccupation face à ce projet délétère. 

Nous soutenons la mobilisation des 250 associations et personnalités qui ont signé la tribune du 5 mai 2026 en défense de l’agence dans le Nouvel Observateur, ainsi que les 6 organisations syndicales de l’Ademe et toutes celles et ceux qui s’opposent à ce projet.

Démanteler les services publics au service de la préservation du vivant n’est pas un projet d’avenir. Nous appelons l’ensemble des conseils municipaux et intercommunaux à soutenir la mobilisation nationale pour la préservation d’une ADEME indépendante, forte et au service des territoires.

– Seul le prononcé fait foi –