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Conseil métropolitain Mobilités – Déplacements – Transports Romain Poujol

Rennes choisit de développer son offre en transports en commun, principal levier pour créer une vraie alternative à la voiture

Conseil métropolitain du 18 Juin 2026Intervention portée par Romain Poujol au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s
sur la délibération 12 : Mme Faucheux V. 12 Transports collectifs – Concession de service public de la mobilité – Vote des « Tarifs »

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Les transports, c’est 45 % des émissions de gaz à effet de serre de Rennes Métropole. 

La voiture, c’est un coût de près de 6 000 euros par an et par propriétaire.

Pour les écologistes, le développement des transports en commun comme alternative à la voiture est donc un impératif social et écologique. Pour que les transports en commun soient vraiment une alternative à la voiture, ils doivent passer près de chez vous, tôt le matin, tard le soir, en semaine et le week-end, régulièrement dans la journée et le plus souvent possible. Il faut aussi qu’ils soient confortables, accessibles, rapides, efficaces et sûrs. Bref, en un mot, pour que les transports en commun soient une alternative à la voiture, il faut de l’offre.

D’ailleurs c’est ce que démontre depuis plusieurs décennies et de façon régulière la quasi-intégralité des études internationales, nationales ou locales sur le sujet. Vous voulez plus de monde dans les transports en commun, mettez de l’offre.

La question du tarif est aussi évidemment un sujet. Et il est bien sûr cité dans les nombreuses enquêtes usagers qui sont faites régulièrement sur les différents réseaux de transports. Mais il n’est jamais considéré par ces derniers comme le frein principal à l’usage des bus, métro et autres tramways. Et de fait, même avec un tarif plein, les transports en commun restent 10 à 20 fois moins chers que la voiture.

A titre d’illustration, entre 2021 et 2025 l’offre de transports en commun sur le réseau Star est passé de 22 millions de km à 26,5 millions soit une évolution de 20 %. Et dans le même temps la fréquentation est passée de 86 millions de voyageurs à 113 millions soit une évolution de 31 % qui fait du réseau Star le réseau avec la plus forte augmentation de fréquentation en France sur cette période. Pourtant, dans le même temps, les tarifs n’ont pas bougé. C’est bien l’évolution de l’offre qui a permis l’évolution de la fréquentation.

C’est cette conviction, ou plutôt cette réalité, qui guide l’action de Rennes Métropole. Nous avons par le passé fait le choix d’une offre de transports conséquente et pour toutes les communes de la Métropole. Les choix faits pour les années à venir visent d’ailleurs à augmenter encore plus fortement l’offre pour les communes de 1ère et 2nde couronne. Là aussi pour répondre aux besoins de toutes les habitantes et habitants où qu’ils vivent. 

Mais évidemment ces choix ont un coût. Près de 200 millions d’euros chaque année en fonctionnement et près de 80 millions d’euros en investissement. L’impôt en paie la majeure partie, le versement mobilités permet de collecter autour de 140 millions d’euros par an. Mais cet impôt est au taux maximum permis par la loi. Il reste donc près de 60 millions d’euros à trouver chaque année pour le fonctionnement des bus et des métros. Et cela ne peut venir que des usagers.

On entend beaucoup que la gratuité totale des transports en commun serait une sorte de potion magique qui règlerait définitivement la question de la voiture en ville. C’est totalement faux et celles et ceux qui défendent cela n’expliquent jamais quelles sont les véritables conséquences d’une telle décision. 

Prenons l’exemple de la Métropole de Montpellier qui est en fait le seul territoire de taille comparable au nôtre (500 000 habitants pour Montpellier Métropole, 470 000 pour Rennes Métropole) a avoir fait le choix d’une gratuité totale pour les usagers. La réalité, c’est que son réseau dispose d’une offre autour de 14 millions de km par an, soit 40 % inférieure à la nôtre. Le budget d’exploitation est autour de 120 millions d’euros par an, là aussi 40 % inférieur au nôtre. Le réseau bus a des amplitudes horaires bien inférieures à ce que nous connaissons à Rennes Métropole, et si le tramway peut se comparer à nos lignes chronostars et futurs trambus, nous disposons en plus de deux lignes de métro automatiques. La gratuité totale pour les usagers à Rennes Métropole aurait en fait surtout pour conséquence de réduire l’offre, en particulier pour les communes les plus petites et les plus éloignées du cœur de Métropole. C’est-à-dire là où les habitants subissent le plus le coût de la voiture et des carburants.

Donc oui, nous assumons d’avoir besoin de recettes financières pour continuer à développer l’offre de transports en commun pour toutes et tous. Cela implique que les usagers participent au financement du réseau Star. Et que ces tarifs évoluent en fonction des besoins et de l’inflation, dès lors qu’ils sont socialement justes. Et nous voulons donc rappeler que pour celles et ceux qui en ont les moyens, le prix du ticket ou d’un abonnement restent très inférieur au coût d’utilisation d’une voiture. Pour les salariés, l’employeur a l’obligation de prendre en charge au moins 50 % du coût de l’abonnement. Pour les enfants jusqu’à 12 ans, l’abonnement est gratuit. Pour les plus modestes, et en particulier les plus jeunes, la tarification solidaire permet d’ajuster les tarifs en fonction des revenus. Aujourd’hui ce sont ainsi plus de 100 000 personnes soit 20 % de la population qui bénéficie soit de la gratuité totale soit d’un tarif réduit de 85 % ou 50 %.

Prochainement, comme nous nous y étions engagés, nous élargirons la gratuité à l’ensemble des étudiantes et étudiants boursiers.

C’est cette politique qu’il nous faut continuer : conserver des moyens financiers pour développer l’offre encore et encore. Déployer une grille de tarif qui s’adapte aux capacités financières de chacun et chacune. C’est cela une politique de transports en commun juste socialement et efficace écologiquement.

– Seul le prononcé fait foi –