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À la une Priscilla Zamord Solidarités – Discriminations – Santé

Podcast : interview de Priscilla Zamord

On fait le point avec Priscilla Zamord sur sa feuille de route Solidarités, Égalité et Politique de la Ville à Rennes Métropole.

Premier épisode de notre podcast « Verdoyant » qui décrypte l’action des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s de Rennes et de Rennes Métropole : 28 élu·e·s qui agissent au quotidien pour une Ville et une Métropole plus vertes, démocratiques et solidaires.

Note : Certains chiffres ont évolué depuis l’enregistrement du podcast en novembre 2021.

SOLIDARITÉ. Où en sont les politiques de solidarité à la Métropole ?

Nous avons commencé par faire un état des lieux de l’ensemble des politiques de solidarité métropolitaines. L’objectif est d’arriver à un plan métropolitain des solidarités qui soit à la fois plus lisible et visible. Nous avons également commandé à l’Apras (L’Association pour la Promotion de l’Action et de l’Animation Sociale) une étude sur l’impact social de la crise sanitaire.

Nous avons financé sur cette première année de mandat 23 projets de solidarité pour un total de 40 000 euros, sur des sujets tels que la lutte contre l’exclusion, l’isolement, la précarité (alimentaire, énergétique, etc.) et pour l’accès aux droits des personnes exilées.

À la rentrée 2021, nous avons lancé dans le cadre du dispositif « Sortir ! » une opération « Coup de Pouce » pour que tout le monde puisse se remettre aux sports, aux loisirs et à la culture. Cette aide financière allège le coût des inscriptions sur des activités régulières en plus des habituelles réductions Sortir ! Plus largement, nous menons un travail sur les usages de la carte Sortir ! Et le non-recours.

Où en est le projet d’un lieu d’accueil permanent pour les femmes victimes de violence ?

Nous travaillons activement sur plusieurs scénarios, après avoir exploré d’autres exemples très inspirants comme Citad’elles à Nantes, un lieu d’accueil, d’écoute, de soutien et d’information pour les femmes victimes de violences et leurs enfants.

En attendant, Rennes Métropole s’engage d’ores et déjà avec le Schéma départemental de lutte contre les violences faites aux femmes, le financement de formations préventives pour les professionnel·le·s, de stages-riposte pour les femmes ; ainsi qu’un poste à l’ASFAD, une association rennaise soutenant les femmes en difficulté, seules ou avec enfant, notamment dans le cadre des violences conjugales.

ÉGALITÉ. Qu’en est-il de l’observatoire métropolitain des discriminations ?

Nous en sommes encore aux prémices, mais c’est sur les rails ! Ce sera voté en conseil métropolitain en 2022. Un travail a été engagé à la Métropole pour mesurer les discriminations sur notre territoire. Une première enquête a été réalisée dès 2019 auprès de 2315 personnes sur le ressenti discriminatoire. Cela servira de baromètre à notre collectivité pour mesurer les discriminations et faire un diagnostic interne. 

Tout cela va aussi être affiné lors des États généraux de l’égalité et de la lutte contre les discriminations qui auront lieu en 2022 : une mesure de notre programme qui sera portée par la Ville de Rennes.

La prochaine étape est la constitution d’un comité réunissant scientifiques, citoyen·ne·s, associations afin notamment de concevoir la méthodologie de cet observatoire. À terme, son rôle sera de mesurer et observer les discriminations, et les rendre visibles à travers des chiffres ou des témoignages. Nous pourrons ainsi préconiser et déployer des solutions dans le cadre du plan de lutte contre les discriminations.

Comment agissez-vous pour l’égalité des femmes et des hommes ?

Une nouvelle réjouissante qui n’était pas au programme : Rennes Métropole va dès cette année être signataire de la « Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale ». Cela nous engagera à déployer un plan d’action dans les deux ans. Cela se traduira notamment par une politique de conditionnalité des aides publiques métropolitaines en fonction de critères écologiques ou d’égalité. Un travail a été engagé à la fois à la Ville de Rennes et à la Métropole.

Aussi, nous mettrons en œuvre une politique de diversité dans les recrutements dans tous les services de la Ville et de la Métropole. Nous nous appuierons pour cela sur le label « Diversité » de l’AFNOR.

À horizon 2023, nous allons avec toutes les communes volontaires de la Métropole, créer un réseau de « partenaires égalité ». Nous commençons à identifier les acteurs et actrices de notre territoire qui agissent face aux situations de discriminations.

POLITIQUE DE LA VILLE. Quel travail est réalisé par la Métropole dans le cadre de la Politique de la Ville ?

La Métropole a financé depuis le début du mandat 143 projets dans les quartiers prioritaires, projets qui ont été validés par le Conseil citoyen de Rennes. Nous poursuivons la rénovation des quartiers prioritaires. À Maurepas c’est la mixité de l’habitat, les centres commerciaux, les groupes scolaires, etc. Au Blosne, un travail sur la centralité et le maillage des équipements, sur la valorisation de la biodiversité et des espaces extérieurs, en articulation étroite avec les enjeux urbains et de l’habitat.

Développement économique, emploi, éducation jeunesse, tranquillité publique, gestion urbaine de proximité, déchets et économie circulaire, biodiversité, vie associative… autant d’enjeux très transversaux, qu’il nous faut aborder de manière très coopérative entre élus et services. Mon rôle est de suivre les différents projets et de m’assurer que ça va dans le sens du projet politique pour lequel nous avons été élus, tout en étant à l’écoute et au service des habitant·e·s dans les quartiers.

Nous cherchons également à observer les inégalités environnementales dans les quartiers prioritaires pour que la transition écologique se fasse dans tous les quartiers. Nous sommes attentifs notamment à la précarité énergétique, à l’accès à une alimentation saine, à la qualité des aires de jeu, des réseaux de mobilités, à la pollution de l’air, etc. Cela viendra ensuite nourrir le prochain contrat de Ville qui devra être très ambitieux sur tous ces sujets.

Comment lutter contre le sentiment d’exclusion des habitant·e·s dans les quartiers prioritaires ?

La crise sanitaire a exacerbé les inégalités. Nous avons été vigilants à ce que le plan de rebond économique soit accompagné d’un plan social, en particulier pour les quartiers prioritaires. Nous travaillons notamment à un nouveau Plan emploi quartier renforcé pour cette fin d’année. Son pilotage va passer à l’échelle métropolitaine avec davantage de moyens car notre territoire est labellisé Cité de l’emploi. L’objectif est de favoriser l’emploi et l’insertion professionnelle, mais aussi l’entrepreneuriat, dans les quartiers prioritaires. Nous mobilisons les acteurs et actrices du territoire dans un esprit coopératif pour imaginer ensemble des solutions concrètes. 

Nous avons déjà dégagé quelques grands axes et mesures phares : 

  • Nous allons doubler le nombre de bénéficiaires de clauses sociales dans les marchés publics. Cela permet de réserver une part du travail confié aux entreprises aux personnes ayant des difficultés à s’insérer dans le monde du travail.
  • Nous souhaitons favoriser la relation élèves-entreprises dès le collège avec pour objectif qu’il n’y ait plus d’élèves sans stage.
  • Nous allons développer notre rôle d’employeur exemplaire et solidaire en réservant tous les services civiques à des habitant·e·s des quartiers prioritaires.
  • Nous allons aider à la création d’activités dans les quartiers afin d’augmenter le nombre de créateurs et créatrices accompagné·e·s dans les quartiers prioritaires.