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Pour une meilleure qualité de l’eau sur le bassin Loire-Bretagne

Nous avons souligné en conseil le manque d’ambition du nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau.

Intervention de Didier Chapellon, au nom du Groupe écologiste et citoyen, lors du conseil municipal du 28 juin 2021, sur la délibération n°60 : « Aménagement et services urbains, environnement – Projets de SDAGE et de PGRI du bassin Loire Bretagne 2022-2027 – Avis »

Il nous faut ce soir donner un avis sur ce futur SDAGE. Nous ne reviendrons pas sur les observations déjà exprimées, au nom du groupe écologiste de Rennes Métropole, sur le même sujet lors du Conseil métropolitain du 17 juin dernier. Mais nous voulons néanmoins rappeler le manque d’ambition criant de ce nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau qui est élaboré à l’échelle de l’ensemble du bassin de la Loire et de Bretagne. Le précédent SDAGE n’avait déjà pas permis d’atteindre les objectifs de retour au bon état écologique des masses d’eau. Ce nouveau SDAGE ne fait que reporter ces objectifs, prévus à l’origine en 2015, à un horizon à 2035. Notons que les financements de l’agence de l’eau sont supportés en majorité par les ménages qui ne sont pourtant pas les principales sources de pollution des masses d’eau.

Tant qu’il n’y aura pas de politique volontariste pour la sortie des pesticides et la désintensification de notre agriculture, rien ne bougera. 

Nous ne reviendrons pas non plus sur les ambiguïtés du modèle de soutien à l’agriculture, qu’il soit européen, national ou régional, nous ne pouvons que constater que ce modèle nous conduit à toute vitesse dans le mur.

Nous souscrivons globalement aux réserves qui sont exprimées dans cette délibération.  

Dans son avis, notre collectivité rappelle ses engagements pour parvenir à un territoire Zéro pesticide en 2025. À notre échelle, il nous faut aujourd’hui tracer concrètement la feuille de route précisant les moyens financiers et humains mis à disposition pour atteindre cet objectif et nous permettant de suivre les évolutions de cette sortie des pesticides. Il sera opportun ensuite d’associer d’autres collectivités du bassin Loire-Bretagne à notre objectif de zéro pesticide, car il s’agit bien d’un enjeu majeur pour la qualité de l’eau et pour la santé.

Sur la question de la gestion quantitative de la ressource en eau, nous ne pouvons qu’adhérer à l’ajout de la disposition de la tarification progressive de l’eau potable. Il nous faut sensibiliser encore et toujours aux économies d’eau, mais il nous faut également être cohérents pour que là où l’incitation ne suffit pas, c’est bien le principe de l’utilisateur-payeur qui doit s’appliquer. Notre collectivité a mis en œuvre cette tarification solidaire et écologique de l’eau et nous en voyons ici les conséquences positives, nous ne pouvons donc qu’inciter à la généralisation de ce dispositif. 

En matière d’urbanisme, l’avis de la Ville de Rennes préconise la création d’un secteur zones humides qui pourrait être intégré au document d’urbanisme des collectivités locales. L’objectif est louable et peut être de notre point de vue une vraie avancée pour la protection des milieux humides en milieu urbain bien sûr, mais peut être avant tout en secteur rural. Cela peut donc être une très bonne chose à condition que le contenu de ce secteur Zone Humide soit plus protecteur que les actuels secteurs agricoles et naturels. Attention à ne pas profiter de cette création pour produire un outil qui serait finalement moins disant  par rapport à l’existant. 

Pour conclure cette courte intervention, je voudrais reprendre à notre compte la conclusion d’une association, Eau et rivières de Bretagne dont nous saluons le travail depuis 50 ans, à son avis sur ce SDAGE qui précise, tout en donnant un avis favorable sous réserve de nombreuses remarques, que “le SDAGE 2022-2027 a été élaboré par un comité de bassin dont la composition est toujours marquée par la surreprésentation des acteurs économiques et qu’il en résulte un document insatisfaisant, mais reste néanmoins un document structurant pour le territoire”.

Avec les ambiguïtés sur le modèle de soutien à l’agriculture évoqué en début d’intervention, pour que l’Ille-et-Vilaine ne soit pas réduite à devoir se contenter de 3% de ses masses d’eau en bon état écologique il nous faudra relever le défi de la gouvernance de la politique de l’eau à l’échelle de l’ensemble du bassin Loire-Bretagne.