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Exilé·e·s à la rue : ne nous résignons pas !

Nous ne nous résignons pas à voir des familles à la rue, à devoir compenser la politique cynique de l’État, qui laisse les collectivités gérer seules et dans l’urgence ces situations humaines dramatiques.

Nous travaillons à la métropolisation de l’accueil des réfugié.e.s et nous demandons aux autres villes de la métropole d’être solidaires avec les exilé.e.s mais également avec la ville de Rennes.

Conseil municipal du 26 avril 2021 – Intervention de Cécile Papillion sur la délibération n°42 :

« Aménagement et services urbains, environnement – Politique de la Ville – Provision pour diverses actions – Deuxième attribution de subventions 2021 – Renouvellement de conventions pluriannuelles d’objectifs »

« Madame la Maire, cher·e·s collègues,

À l’occasion de cette délibération d’attribution de subvention, je souhaite évoquer la situation des personnes exilé.e.s à la rue dont l’actualité récente a été marquée par l’incendie d’une partie du Manoir au Bois Perrin et par la mobilisation des collectifs de soutien aux sans-papiers. Nous saluons bien sûr l’engagement des associations rennaises en faveur de l’hospitalité des personnes migrantes, toujours en quête d’hébergeurs solidaires.

À Rennes, nous sommes engagé.e.s et nous pallions les carences répétées et anciennes de l’État en matière d’hébergement des familles exilées au-delà de ce que pratiquent la plupart des villes de notre pays. Mais nous ne nous résignons pas à voir des familles à la rue, à devoir compenser la politique cynique de l’État, qui laisse les collectivités gérer seules et dans l’urgence ces situations humaines dramatiques.

Nous travaillons ainsi à la métropolisation de l’accueil des réfugié.e.s et nous demandons aux autres villes de la métropole d’être solidaires avec les exilé.e.s mais également avec la ville de Rennes. Nous travaillons aussi à des solutions conventionnées plus nombreuses et plus confortables. Nous devons enfin approfondir le dialogue avec les villes d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne, mais aussi d’autres métropoles dans l’hexagone. 

Certaines forces politiques et certaines déclarations entendues au sein de cette assemblée, voudraient laisser penser qu’en cessant d’être solidaires, en stoppant nos dispositifs, en expulsant à tour de bras, la problématique disparaitrait comme par magie. Mensonge et aveuglement. 

Combien d’actes de la marche des solidarités faudra-t-il pour que l’État et la majorité présidentielle agissent enfin plutôt que de laisser pourrir les situations, s’épuiser les militant.e.s et bloquer les personnes sans-papiers dans leur parcours d’intégration, toujours en proie à l’incertitude et la précarité ? 

Nous appelons ainsi à une régularisation massive des personnes sans-papiers en France pour leur offrir des perspectives d’intégration dignes et pérennes dans notre pays.

Nous dénonçons le renforcement de la déshumanisation des procédures et notamment la dématérialisation des demandes de titres de séjour et de leur renouvellement. Avec la fermeture des guichets, comme c’est le cas en préfecture de Rennes, des milliers de personnes perdent ainsi le bénéfice d’un titre de séjour devant l’incapacité du service public à respecter ses obligations légales.

Enfin, nous étions encore présents samedi près du Centre de rétention de Rennes Saint-Jacques aux côtés des associations et de la maire de Saint-Jacques de la Lande pour protester contre la mise en place d’une salle d’audience en visioconférence. Nous ne souhaitons ni droit d’exception ni justice d’exception pour les exilé.e.s et nous défendrons toujours la fermeture des Centres de rétention administrative, à Rennes Saint-Jacques comme partout en France. »