| Conseil métropolitain du 05/11/2026 Intervention portée par Marion Chevalier au nom des élu·e·s écologistes, fédéralistes et citoyen·ne·s sur la délibération n°9 : Pilotage de l’action publique – Rapport d’activités et de développement durable de Rennes Métropole pour 2025 – Information |
Madame la Présidente, mes chers collègues,
Imaginez un monde où l’Etat s’engage enfin massivement dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Un monde où l’Etat mène une politique sans précédent de sobriété pour redonner du pouvoir d’achat à toutes et tous. Un monde où les efforts de la Métropole de Rennes en matière de transition écologique et énergétique sont véritablement amplifiés par une action nationale très ambitieuse.
Les rénovations énergétiques des bâtiments seraient alors accélérées pour réduire les consommations tout en améliorant le confort d’usage. Les autres solutions seraient systématisées : volets, meilleurs systèmes de ventilation ou encore brasseurs d’air. Des refroidisseurs seraient mis en place pour les publics les plus vulnérables. Des zones refuges se développeraient pour accueillir les publics les plus exposés en cas de canicule. Un congé climatique serait introduit pour préserver la santé des travailleur·euses. Les réseaux de chaleur seraient massivement développés.
Toutes ces avancées écologiques auraient évidemment l’avantage de ne laisser personne de côté et d’apporter des solutions concrètes aux ménages les moins aisés.
Grâce à un État volontariste qui remplit ses missions, la Métropole n’aurait plus besoin de combler ses défaillances et pourrait désormais se concentrer sur le cœur de ses compétences pour continuer d’améliorer la vie de ses habitantes et habitants à son échelle.
Cet avenir est désirable et nous nous mobilisons pour essayer de le voir advenir. Malheureusement, ce que l’on constate aujourd’hui est loin de cette projection positive. Deux mandats de macronisme ont considérablement affaibli, et même attaqué les stratégies d’adaptation et d’atténuation. Les désengagements successifs dans ces domaines freinent l’action de la Métropole qui continue de perdre des financements et donc de la marge de manœuvre. Depuis Septembre, plusieurs reculs sont à dénoncer et le projet de de loi de finances nous inquiète encore plus. :
- Le gouvernement renonce à la lutte contre la précarité énergétique dans l’habitat et les mobilités en ne renouvelant pas des programmes comme Slime qui visait à accompagner les ménages en grande difficultés financières pour sortir de la précarité énergétique. Mais nous pourrions aussi citer bien d’autres programmes victimes de ces non-renouvellement alors que les besoins de rénovation explosent : Bail rénov, stop exclusion énergétique, Toits d’abord, Tims, VéloEgaux.
- Le gouvernement vient aussi de renoncer au programme Actee, financé par les certificats d’économie d’énergie (CEE), et qui accompagne, depuis 2019, les collectivités locales dans la rénovation énergétique de leurs bâtiments. Un dispositif qui a pourtant montré son efficacité pour accompagner les communes notamment petites et moyennes disposant de peu de moyens humains.
À Bruz, le dispositif ACTEE avait notamment permis de créer un poste d’économe de flux lors du précédent mandat. Avec l’appui de l’ALEC, les diagnostics et l’optimisation des installations ont contribué à éviter 1,5 million d’euros de dépenses de fonctionnement en cinq ans. - Le programme de rénovation des écoles face aux canicules, déjà très modeste, a aussi été raboté. Il devait diagnostiquer 12 500 écoles et accompagner les travaux dans 2 500 d’entre elles, avec une subvention de 10 000€ chacune. Avec la coupe, il ne reste plus que la réalisation de diagnostics dans 2500 écoles.
- Depuis mardi, le gouvernement suspend toute nouvelle demande de financement auprès du fonds chaleur qui participe au développement de la production de chaleur et de froid par des énergies renouvelables. Une nouvelle baisse de ce fonds à hauteur de 285 millions d’€ est aussi prévue dans le budget de l’Etat en 2027.
Le gouvernement souhaite recentrer le budget des certificats d’économie d’énergie sur l’électrification en abandonnant les rénovations et la lutte contre la précarité énergétique alors que celle-ci explose. On peut se demander à quoi rime de mettre des pompes à chaleur dans des passoires thermiques ou de climatiser des écoles sans volets. Aucune politique énergétique sans sobriété ne peut se dire durable.
Alors rappelons-le, l’engagement de la Métropole sur les questions de transition énergétique est une nécessité qui porte déjà ses fruits et dont les efforts doivent se poursuivre. Nous ne pourrons toutefois pas lutter efficacement contre les causes et les conséquences du dérèglement climatique sans une action conjointe des collectivités locales et de l’Etat. Pour cela nous avons besoin d’une politique nationale ambitieuse. Cela ne peut plus attendre un autre mandat, l’urgence est là !
– Seul le prononcé fait foi –