| Conseil municipal du 28/09/2026 Intervention de Politique Générale portée par Matthieu Theurier au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s |
Aujourd’hui il pleut ! Après quatre mois de canicules répétées et d’une sécheresse totalement inédite jusqu’alors en Bretagne, on avait presque oublié à quoi une journée de pluie pouvait ressembler.
Depuis 40 ans maintenant, les scientifiques du GIEC avaient parfaitement bien anticipé à l’échelle globale ce que notre planète vit aujourd’hui. Mais les conséquences locales sont-elles plus difficiles à modéliser. Et ce que vit Rennes et la Bretagne aujourd’hui n’était pas attendu avant au moins dix ans.
Le réchauffement climatique est là, plus fort, plus rapide, destructeur pour la nature, catastrophique pour l’agriculture, meurtrier pour les précaires et les personnes les plus fragiles.
Il n’y aura pas refuge, pas de territoire épargné. La Bretagne à l’horizon 2050 c’est 50% de pluie en moins. Des températures estivales autour des 50°. Un littoral largement détruit par l’érosion des côtes. Alors n’en déplaise aux journalistes du Figaro Immobilier et à tous ceux qui, cet été, ont vendu la Bretagne comme la région où investir, nous ne serons ni une grande résidence secondaire, ni un eldorado.
Il faut le redire, encore et encore, la seule écologie punitive c’est celle de l’inaction.
Dans ce domaine, la macronie ne nous déçoit jamais. On a encore été largement servi cet été. Une énième loi dite « d’urgence agricole » pour faire plaisir aux lobbies. Vous reprendrez bien un peu de pesticides cancérigènes et de Méga-bassines inutiles. Si ça ne vous suffisait pas peut-être préférerez-vous la quasi disparition du fonds vert. Ou plus cynique encore la réduction à 20 millions d’euros de l’enveloppe nationale exceptionnelle consacrée à la rénovation énergétique des écoles et leur adaptation au dérèglement climatique.
Déjà que l’on avait cru qu’il manquait un 0 aux 60 millions d’euros annoncés initialement pour toutes les écoles de France.
Les annonces du gouvernement en fait c’est le Gorafi. Sauf qu’il n’y plus personne pour en rire. Et qu’à l’éco- anxiété se substitue désormais la colère.
Pour rappel, la construction d’une école neuve comme celle de Trégain que nous verrons tout à l’heure, c’est 18 millions en 2026. Une rénovation ambitieuse, à la hauteur des énormes chaleurs que nous avons connues c’est au moins 2 millions par école. Et c’est pour cela que nous avons investi 82 millions d’euros pour la rénovation du patrimoine scolaire ces 6 dernières années. Justement pour répondre aux enjeux climatiques d’aujourd’hui et de demain. Et cette action nous la menons bien seul tant l’Etat est de plus en plus aux abonnés absents.
Les 35 000 arbres plantés à Rennes en 5 ans, la découverte de la Vilaine, la réduction de la place de l’automobile, la désimperméabilisation des rues et des places, la construction d’une 2 nde ligne de métro, du Réseau Express Vélo, des Trambus, le déploiement du réseau de chaleur et des énergies renouvelables, la rénovation des équipements publics et des logements sociaux… Toutes nos politiques sont tournées vers l’atténuation et l’adaptation au dérèglement climatique.
Et oui, nous sommes aussi mobilisés pour trouver des solutions qui permettront de préserver l’ilot de fraicheur du Bd de Verdun.
Changer la ville, c’est un processus engagé. Mais c’est un aussi un processus qui demande du temps. On n’adapte pas des Villes construites petit à petit depuis des siècles à un nouveau climat en quelques années.
Il y aurait pu y avoir une transition écologique heureuse. Si l’on avait écouté les scientifiques et les écologistes il y a 50 ans. Il n’est pas trop tard, le combat contre le dérèglement climatique peut encore être gagné mais cela se fera désormais dans l’urgence et les difficultés.
Alors, M.Compagnon, quand je lis, je vous cite, que vous êtes : « agacé d’avoir raison avant tout le monde », mon premier réflexe c’est de vérifier que je n’ai pas confondu le Gorafi avec mon quotidien régional préféré. Et une fois la vérification faite, je me dis, en restant poli, qu’il se moque de nous.
Tous les projets, je dis bien tous M.Compagnon, tous les projets de transformation écologique de notre Ville vous les avez combattus.
Lors du Conseil de Juin dernier vous avez même réussi l’exploit de ne pas parler d’écologie pendant plus de 6 heures de débat et en pleine catastrophe climatique.
Je n’ai pour ma part pas oublié non plus, les insultes de Mme Gandon à l’égard des écologistes. Khmers Verts, Ayatholas verts, Amish prônant le retour à la bougie… tous ces mots ont été prononcés dans cette enceinte.
S’il y a un point M. Compagnon et Mme Gandon où vous avez eu « raison avant tout le monde » c’est celui d’avoir tapé sur les écologistes et l’écologie plutôt que de regarder la vérité en face.
Sur ce point vous aviez raison avant tout le monde en effet. La droite et l’extrême droite au plan national y vont aujourd’hui allègrement de leur procès en « escrologie » pour mieux dissimuler leur propre vacuité. Ils n’ont rien, pas le début d’une proposition, pour la simple et bonne raison que leur ligne directrice a toujours été la défense des riches et des puissants. Ceux là même qui détruisent le monde par voracité.
Ceux-là même aussi à qui il a été fait 80 milliards de cadeaux fiscaux depuis 2017 qui ont disparu des recettes de l’Etat chaque année. Si l’on ajoute les 40 milliards de fiscalité locale supprimée cela fait 120 milliards. 120 milliards perdus volontairement et qui viennent justifier aujourd’hui que l’on détruise les budgets pour l’environnement, que l’on resserre les services publics hospitaliers, que l’on ferme les lignes budgétaires pour la culture, pour les associations pour l’Economie Sociale et Solidaire.
40 milliards de moins pour les collectivités. Celles-là même qui portent 75% des investissements publics. Celles-là même qui sont considérés par les scientifiques comme les mieux à mêmes de porter aussi les transitions nécessaires à la lutte contre le dérèglement climatique.
Alors oui nous sommes en colère de nager toujours à contre-courant. Mais cette colère face au gouvernement, face aux délires de l’extrême-droite, nous avons décidé de la transformer en action concrètes.
Nous ferons tout pour que cesse enfin « la politique du bouchon », celle qui consiste à se laisser flotter au gré des lobbystes de tous poils et peu importe les conséquences pour qu’enfin s’engagent les profondes transformations nécessaires à notre avenir.
– Seul le prononcé fait foi –