Madame la Maire, mes chers collègues,
Monument emblématique et propriété de la Ville de Rennes depuis plus d’un siècle, le palais Saint-Georges est vieillissant. A l’heure où pèsent les incertitudes sur le devenir des biens publics et des bâtiments patrimoniaux locaux ou nationaux, l’investissement de notre Ville dans cet édifice pour en faire un service public de proximité est à saluer.
Nous nous réjouissons du lancement de ce projet de rénovation et saluons les logiques de réemploi et de valorisation de l’existant qui seront intégrées à l’opération. Aussi, le raccordement de ce bâtiment au Réseau de chaleur permettra une décarbonation de ses consommations énergétiques. Néanmoins nous regrettons que les fortes contraintes budgétaires qui pèsent sur la collectivité empêchent, dans l’immédiat, une rénovation globale du bâtiment, que nous espérons rapidement possible pour des raisons évidentes de sobriété énergétique.
Cette rénovation fera du Palais Saint George un lieu central et intégré, dédié à la tranquillité publique dans lequel seront rassemblés les services de police municipale, de prévention et de médiation, la direction de quartier et, à terme, d’autres directions, pour des services publics locaux ouverts aux habitant·es visibles et facilement accessibles.
Pour nos agent.es, qui seront associés au projet, la priorité sera donnée à des locaux adaptés et confortables : de nouveaux bureaux et espaces seront aménagés pour accueillir, entre autres, les 60 policiers municipaux supplémentaires qui seront recrutés sur ce mandat. Également, un centre opérationnel ainsi qu’une salle de gestion de crise seront créés.
Pour les habitantes et habitants, le Palais comportera un espace dédié aux démarches de citoyenneté et de médiation mais aussi à l’orientation des victimes et au recueil et traitement des demandes concernant la tranquillité publique. Cette fonction d’accueil est pour nous cruciale, et doit être centrale dans le projet du bâtiment. L’ouverture aux usagères et usagers de la Ville permettra de fluidifier la relation police-population et de mieux donner à voir notre politique de médiation et de prévention des violences.
Au-delà de ce lieu central, notre collectivité dispose d’un camion mobile de la police municipale, qui vise à répondre aux besoins d’écoute et de sensibilisation de la population. Ce dispositif permet une présence dans les quartiers au quotidien et s’ajoute aux commissariats de proximité de la Police Nationale en centre-ville, au Blosne, à Maurepas ou encore à Villejean.
Nous considérons que chaque habitante et habitant a le droit de vivre en sécurité, dans son quartier, dans sa ville, dans son pays de résidence. C’est une condition essentielle à la justice sociale et à la mise en œuvre des autres droits.
Parce qu’agir pour la sécurité, c’est travailler la relation de proximité police-habitant. Agir pour la sécurité, c’est lutter contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles qui profitent du racisme et du patriarcat. Agir pour la sécurité, c’est s’opposer aux trafics de stupéfiants qui prospèrent sur la misère, la vulnérabilité et l’exclusion. Agir pour la sécurité, c’est refuser les incivilités, en tous lieux et à toute heure.
Nous n’abandonnerons pas les enjeux de sécurité, de tranquillité et de vivre ensemble à ceux et celles qui les utilisent de façon populiste pour fragmenter et brutaliser la société. Nous saurons également rappeler l’Etat à ses devoirs en matière de sécurité et ne cesserons de réclamer des moyens supplémentaires tant en matière de police nationale que de moyens dédiés à l’école, à la parentalité et à la santé pour pouvoir être utiles, là où doit se porter en priorité l’action locale.
Rappelons que par son seul financement ou en co-financement avec l’Etat et le département, la Ville de Rennes contribue déjà à maintenir 150 postes de médiateurs, éducateurs, animateurs, notamment sur l’espace public. Également, les équipes de la réussite éducative de la Ville accompagnent 3500 à 4000 enfants chaque année.
Pour le mandat qui s’ouvre, au-delà du projet du Palais Saint-Georges, 25 nouveaux postes de médiateurs et éducateurs seront créés, renforçant la présence humaine de proximité sur l’ensemble du territoire Rennais afin d’accompagner les jeunes et leurs familles, de conserver le lien social et d’améliorer le vivre ensemble. Nous mettrons également en place une police des transports et une brigade de la police municipale sera dédiée aux problématiques de sécurité routière.
L’ensemble de ces mesures au service d’une approche à 360° de la tranquillité publique, sera déployé dans une logique d’échanges, de proximité et de présence visible au service des Rennaises et Rennais.
– Seul le prononcé fait foi –
