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La Zone d’activité Nord Rennes – Saint-Grégoire va changer de visage

CONSEIL MUNICIPAL DU LUNDI 27 JUIN 2022 – Intervention portée par Valérie Faucheux sur la délibération n°64 : « Aménagement et services urbains, environnement – Opération d’Aménagement – Rennes et Saint-Grégoire – Projet Zone d’Activités Nord – Coteaux de l’Ille – Présentation des enjeux et objectifs »

La Zone d’Activités Nord – Coteaux de l’Ille est un témoin, à bien des aspects, d’une époque révolue. Une époque où la ville venait allègrement consommer des terres agricoles, quand elle avait besoin de s’étendre. Une époque où la voiture était reine, larges artères, larges ronds-points, immenses parkings à l’appui. Une époque où chaque espace urbain devait n’avoir qu’une et une seule fonction — industrielle et commerciale, dans le quartier qui nous occupe.

Nous avons tourné la page de cette époque, et c’est heureux. Plutôt qu’étendre indéfiniment la ville, nous devons désormais la reconstruire sur elle-même, pour sanctuariser au maximum les terres agricoles et les espaces naturels et forestiers qui font notre précieuse ceinture verte. Plutôt que de creuser de larges boulevards urbains, nous faisons désormais la part belle aux mobilités actives. Plutôt qu’imperméabiliser et bétonner, nous devons au contraire renaturer et faire de la place à la biodiversité en ville. Le réaménagement global des Coteaux de l’Ille vient illustrer ces changements majeurs.

Reconstruire la ville sur elle-même ne signifie pas faire table rase du passé. Nous souhaitons maintenir les activités productives historiquement présentes sur le site, préserver ce patrimoine industriel et bien évidemment les emplois qui y sont associés. De même, aux Donelières s’est développé tout un écosystème d’acteurs et actrices de l’économie sociale et solidaire (Emmaüs, Ressources T, Compagnons Bâtisseurs, l’Équipière — ressourcerie sportive) qu’il s’agit de conforter. Ainsi, les Coteaux de l’Ille sont amenés à changer de visage, mais garderont leurs spécificités en termes d’activité.

Faire passer la zone d’activité nord au XXIème siècle, cela suppose aussi de l’adapter à de nouveaux enjeux. Je veux parler évidemment de la lutte contre le réchauffement climatique, auquel la zone actuelle, fortement imperméabilisée et minérale, est très vulnérable. C’est pourquoi nous allons restaurer la place du végétal dans le quartier, renaturer le ruisseau du Quincé et recréer des continuités écologiques entre l’ouest et l’est, entre le parc de Beauregard et le canal de l’Ille. Nous envoyons ainsi le message que même dans des zones a priori condamnées au béton et à l’asphalte, il est possible de changer la donne, ouvrir des espaces de respiration, verdir et aérer la ville.

Rendre le quartier plus agréable, plus aéré, c’est aussi un prérequis si nous voulons passer d’une mono-fonction à une mixité fonctionnelle, c’est-à-dire faire cohabiter différents usages dans cet espace. En cohérence avec notre stratégie de renouvellement urbain et de densification, nous voulons installer de nouveaux logements, à Robiquette à l’ouest, à Donelière Gros Malhon à l’est. Les contraintes urbaines du quartier sont autant d’incitation à l’innovation : utilisation de matériaux biosourcés, installation de systèmes d’assainissement sec pour les habitats collectifs… Des logements qui attireront aussi de nouveaux équipements sportifs ou culturels, des commerces de proximité, et pourront ainsi créer une vraie vie de quartier, qui manque aujourd’hui.

Enfin, tout ceci ne sera possible que si le quartier devient accessible à hauteur d’usager·e des transports en commun, de piéton et de cycliste. Réduire la place de la voiture au profit des mobilités actives, organiser un véritable maillage cyclable et marchable pour permettre les déplacements du quotidien, préparer l’arrivée des deux lignes de trambus, autant d’actions structurantes pour le quartier et nécessaires pour apaiser l’espace public. Il y aura notamment l’enjeu de créer des liaisons Est — Ouest, transversales, pour relier Beauregard et Bellangerais, leurs parcs, leurs équipements ; et pour ce faire, d’enjamber les grands axes routiers et ferrés nord-sud qui structurent le quartier. De nouveau, ce sont autant de contraintes propices à innover, proposer des solutions inédites, expérimenter.

En résumé, avec le réaménagement de la zone nord Coteaux de l’Ille, nous avons l’opportunité de changer durablement le visage de notre porte d’entrée nord de la ville. De préserver ses activités économiques tout en ouvrant le quartier à de nouveaux usages, qu’ils soient résidentiels, récréatifs, naturels. De remettre l’habitant·e et le piéton au cœur du quartier, et ainsi tourner la page d’un urbanisme monofonctionnel aujourd’hui dépassé.

– Seul le prononcé fait foi –