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Soutien à Diwan et à l’enseignement immersif des langues minorisées

Intervention de Montserrat Casacuberta-Palmada au nom du Groupe écologiste et citoyen lors du Conseil municipal du 11 octobre 2021

Je profite de cette délibération pour exprimer plus généralement notre soutien à Diwan et à l’enseignement immersif des langues minorisées, dont le modèle pédagogique est très clairement un succès : en effet, d’après le rapport du mois de juin dernier commandé par le ministre Blanquer, les élèves de Diwan devancent sensiblement les autres élèves des sections bilingues en breton; leurs évaluations en français et en mathématiques sont très bonnes et ils obtiennent des résultats meilleurs que la moyenne française au brevet des collèges et au baccalauréat.

Si notre ville et, en général, les collectivités locales, ont toujours montré un support avéré au réseau Diwan, nous nous interrogeons sur le rôle que l’État, par le biais de l’Éducation Nationale, joue en matière de sauvegarde des langues régionales. 

Localement, nous entretenons un bon partenariat avec le rectorat sur notre politique d’enseignement du breton. Il est notamment question de proposer un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) qui aurait pour objectif de développer des actions éducatives en breton sur les temps périscolaires. Tandis qu’au niveau national, le discours est tout autre. L’État mise davantage sur les langues étrangères plutôt que sur les langues régionales, pourtant constitutives de notre identité plurielle.

En effet, quand on lit le Guide pour l’enseignement en langue vivante étrangère de l’école au lycée du ministère de l’Éducation Nationale de mars 2020. Il préconise, je cite : “Dans les espaces de l’école, la langue cible peut devenir progressivement langue de communication : salle de classe, bien sûr, mais cour, couloirs, cantine… Ainsi, les élèves prennent progressivement l’habitude d’interagir avec les adultes en langue vivante étrangère, celle-ci devenant alors langue de communication dans l’école”.

Si ce principe “immersif” de l’enseignement des langues vivantes étrangères – tel qu’il est préconisé dans ce guide – est conforme à la Constitution, qu’est-ce qui déstabilise l’Éducation Nationale sur ce même principe en langue régionale ? 

En Bretagne comme au Pays Basque ou en Occitanie, ce sont bien les écoles immersives et les mouvements associatifs qui sont largement moteur dans la lutte pour que ces langues soient encore transmises et ne s’éteignent pas peu à peu. 

En tant qu’écologistes et fédéralistes, nous défendrons toujours ces réseaux associatifs et nous nous opposerons aux combats idéologiques d’arrière-garde qui n’aiment pas la diversité linguistique. Combats qui vont à l’encontre de l’Union Européenne qui dans son “Cadre européen commun de référence pour les langues” préconise le développement des compétences plurilingues et interculturelles. Nous encourageons donc l’État à prendre davantage en compte ces recommandations dans sa politique éducative pour développer les langues régionales.

Nous voterons bien évidemment cette subvention additionnelle de soutien à l’école Diwan de Rennes et la félicitons pour son enseignement de qualité.

Délibération n°3 : Enseignement, formation – Œuvres scolaires – Association Diwan Bro Roazhon – Subvention additionnelle – Covid-19