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Terre de sources : de l’argent local pour une agriculture et une alimentation locales

Intervention de Nadège Noisette, au nom du groupe écologiste et citoyen, lors du conseil métropolitain du jeudi 23 septembre 2021.

Comme ce fut encore rappelé lors de l’ouverture du congrès mondial de la Bio à Rennes, il y a 10 jours, notre alimentation est responsable d’1/3 des émissions de gaz à effet de serre. Le dernier rapport du GIEC nous presse à agir pour limiter les conséquences du réchauffement climatique et il est évident que nos territoires ont un rôle important à jouer notamment pour diminuer l’impact de notre alimentation sur ce réchauffement climatique. 

Quel plaisir donc de pouvoir voter cette délibération ce soir. En effet, même si elle ne représente encore qu’une étape dans la transformation de notre modèle agricole, la création de cette SCIC marque une étape majeure. 

Rappelons que ce projet est né il y plus de 8 ans entre la collectivité eau du bassin rennais (à l’époque le SMBPR) et la ville de Rennes. L’idée fondatrice était alors la suivante : les agriculteurs situés sur les bassins versants d’eau potable devaient améliorer leurs modes de production afin de moins polluer l’eau et en échange la ville Rennes s’engageait à acheter leurs productions au juste prix pour les cantines de la ville. Ces engagements ont été entérinés par un premier marché public entre la CEBR, la ville de Rennes et 3 producteurs en 2015. Ce premier marché innovant a permis de montrer l’importance de la commande publique dans la transformation écologique de la production agricole. Il a été d’ailleurs largement remarqué sur le plan national et européen. Puis il s’est étoffé et un second groupement de commande a été monté en regroupant cette fois une quinzaine de communes de notre métropole et une vingtaine de producteurs. Un troisième marché est en cours de montage et nous invitons bien sûr tous nos collègues à s’emparer de ce formidable outil d’achat public et local.  

Au-delà de ces marchés le projet “Terre de Sources” a été lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt TIGA (« Territoires d’innovation de grande ambition ») lui permettant ainsi de développer les outils nécessaires à l’ensemble de la filière agricole de notre territoire pour commercialiser une alimentation durable auprès de toutes et tous.

Aujourd’hui, Terres de Sources est donc un outil innovant, qui permet d’englober tous les acteurs de l’alimentation, agriculteurs, consommateurs et industriels avec la préservation de l’eau comme fil rouge. La délibération qui nous est présentée ce soir va permettre de constituer une SCIC où producteurs, consommateurs et collectivités seront représentés. 

Cet accompagnement des agriculteurs au changement de pratiques initié sur notre territoire va s’intensifier à travers la création de cette SCIC avec pour objectifs la massification et l’ouverture à la grande distribution. 

En participant à la gouvernance de Terres de Sources, notre collectivité s’engage à maintenir le cap sur la stratégie de sortie des pesticides à l’horizon 2030, stratégie qui est la priorité sur notre territoire mais aussi à lutter contre la précarité alimentaire en permettant à toutes et tous de consommer des produits de la marque “Terre de Source”.  Nous devrons veiller à ce que la gouvernance respecte dans la durée l’engagement des principes fondateurs de cet outil.

Mais cet outil n’est pas suffisant pour atteindre nos objectifs en matière de protection de l’eau et des espaces naturels. Nous le disions déjà lors de l’adoption de l’avis du SDAGE, nous devons embarquer d’autres collectivités et d’autres exploitations agricoles dans le train de la transition agricole et alimentaire. Cette expérience qui fonctionne nous devons l’intensifier afin que l’ensemble des professionnels y participent, et la multiplier sur l’ensemble de nos bassins versants. A travers, les dispositifs tels les TIGA (territoires d’innovation et de grande ambition) comme pour Terres de Sources, les PSE (paiements pour services environnementaux) sont aussi la possibilité de territorialiser nos champs d’actions au plus près des agriculteurs et des consommateurs

C’est positif pour les consommateurs qui vont bénéficier d’une alimentation de qualité et locale, pour les agriculteurs qui vont voir leur production mieux rémunérée et une reconnaissance de leur profession, pour les collectivités qui vont mesurer la concrétisation de leurs différentes politiques en matière d’agriculture et de protection de la ressource.

Le déploiement de Terres de Sources est la traduction d’une volonté politique locale volontariste portée depuis de nombreuses années. Alors que les aides de la PAC subventionnent moins l’agriculture biologique que l’agriculture intensive, la métropole soutient grâce à Terres de sources une agriculture de qualité et vertueuse pour l’environnement. En bref, de l’argent local pour une agriculture et une alimentation locales, on est bien dans la logique du circuit court.

Délibération n° 4 – agriculture et alimentations durable – SCIC Terres de sources