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À la une Conseil municipal Gaëlle Rougier

Ouvrir des perspective à la jeunesse rennaise

[Conseil municipal du 9 mars 2015]
La jeunesse est au cœur de nos préoccupations. C’est ce que nous avons réaffirmé en introduction du conseil municipal du 9 mars 2015.

Gaëlle ROUGIER
Conseillère municipale
Co-Présidente du groupe écologiste

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Discours de politique générale prononcé par Gaëlle ROUGIER au nom du groupe écologiste
Comme vous avez pu le constater, cette séance du Conseil municipal sera, certes, consacrée en sa très grande partie au budget. Cependant, certains éléments directement liés aux politiques jeunesse seront également débattus. Il me semblait donc important de parler de la jeunesse.Et de fait, depuis l’attentat à Charlie Hebdo le 7 janvier, la jeunesse est sur toutes les lèvres.

Des évènements qui ont suivi, il faut retenir bien sûr l’immense mobilisation citoyenne à laquelle participaient beaucoup de jeunes gens mais, et nous l’avons constaté ici même, la moindre mobilisation des jeunes des quartiers prioritaires, comme si une fracture déjà opérante entre une certaine jeunesse et la République, devenait, par leur absence lors de cette mobilisation, enfin évidente.

Dans les jours qui ont suivi, les récits des uns et des autres, enseignants notamment, animateurs socioculturels ont montré comment certains ont parfois contesté les valeurs républicaines qui fondent le vivre-ensemble. Il faut dire que la République leur a tellement promis, à eux et à leurs proches, que la défiance et la colère paraissent naturelles.

Ici, à Rennes, ville qui compte une forte population de moins de 25 ans et 60 000 étudiants, la jeunesse tient une place importante dans nos politiques. Nous partageons, avec vous, la vision d’une jeunesse émancipée, fière d’elle-même, consciente qu’elle est un atout indéniable pour notre ville et notre pays et non une succession de problèmes à solutionner.

 

Donnons-nous les moyens de nos ambitions

Nous savons tous que la jeunesse est un enjeu politique et sociétal de première importance. Nous sommes tous d’accord, élection après élection, pour en faire un axe prioritaire de nos programmes. Mais il faut se donner les moyens de ses ambitions. On ne peut demander toujours plus à l’école, aux structures socio-culturelles, aux professionnels jeunesse, en diminuant leurs moyens d’action par ailleurs. En passant, notons les conséquences désastreuses de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) en termes de conditions d’apprentissage dans nos écoles, et du taux d’encadrement de nos enfants. Il est temps désormais pour les élus de droite de reconnaître l’éducation comme une priorité alors qu’ils en ont consciencieusement sabré les fondements. Et les efforts consentis par le gouvernement ne sauraient compenser les 11 000 postes supprimés.

Même si localement, nous n’en sommes pas responsables directement, c’est ce sentiment de devoir répondre aux injonctions politiques, de faire toujours plus pour les jeunes, sans en avoir les moyens matériels, qui habite en ce moment, à juste titre, les acteurs socio-éducatifs. Ce contexte national n’a sûrement pas aidé à la mise en œuvre d’une réforme des rythmes éducatifs passée en force dans un premier temps.

 

Nouveaux rythmes scolaires : améliorons ensemble le périscolaire

À Rennes, tout le travail rétroactif de concertation réalisé par la Ville – que nous tenons à saluer, pour en observer la complexité et l’ampleur depuis le début du mandat – n’a pourtant pas fait oublier ces débuts calamiteux. Le résultat de la votation citoyenne qui a rassemblé plus 6 000 votants, indique tout de même une convergence des points de vue entre parents et enseignants qui ont préféré le même scénario, à savoir celui qui réduit la pause méridienne et décale les horaires entre maternelles et élémentaires, préférence qui avait émergé dès le départ.

Maintenant, vient le temps du travail de fourmi de montée en qualité et de structuration de l’offre périscolaire et de la professionnalisation des animateurs. À ce titre, nous parlons souvent d’offre. Mais il ne s’agit pas d’un marché où l’enfant serait simple consommateur, ce qui semble être un peu le cas actuellement avec des enfants qui s’inscrivent un peu à la carte.

Sans remettre en cause le libre choix des activités par l’enfant, il nous faudra réfléchir avec l’ensemble de la communauté éducative à comment mieux impliquer les enfants dans leurs choix. Cette réflexion devra aussi intégrer les parents, dont l’étude a montré que beaucoup ne savent pas ce que font leur enfant sur la pause méridienne ou le soir.

 

Tous les enfants doivent bénéficier des mêmes droits

En parlant des enfants, nous nous demandons si certains d’entre eux sont toujours considérés comme citoyens à part entière. Ainsi, nous ne pouvons que constater les difficultés rencontrées par les familles migrantes dans leurs relations avec la Préfecture. Souvent, les conditions d’accueil sont indignes.

Par ailleurs, tous les enfants doivent bénéficier des mêmes droits, quelle que soit leur nationalité, qu’ils aient des papiers ou non. Et ainsi l’accès aux soins médicaux, à l’école, et donc à la restauration scolaire doivent leur être assuré sans condition. Nous, à Rennes, élu-e-s et citoyen-ne-s nous devons faire en sorte que la gratuité pour les élèves de familles en difficulté soit scrupuleusement observée. Comme tous les parents, les familles même déboutées du droit d’asile sont astreintes à toutes les obligations, y compris l’obligation scolaire. Leurs enfants doivent pouvoir bénéficier de la cantine scolaire, à un coût calculé selon les revenus sociaux. Nous passons donc ici un appel à ce que nos valeurs politiques connaissent une véritable traduction administrative.

 

Donnons aux associations de quartier les moyens de leurs ambitions

En attendant, ici à Rennes, nous pouvons nous féliciter du maintien du niveau de subvention pour 2015 aux maisons de quartiers et MJC qui structurent l’action sociale dans nos quartiers, ainsi qu’au tissu associatif rennais. Nous serons attentifs à ce que cet effort perdure dans le temps, afin que les associations aient les moyens de nos ambitions. Dans une ville qui, historiquement confie aux associations locales le soin de mener des politiques jeunesse sur nos territoires, la baisse de subvention aux acteurs de la démocratie populaire dans les années à venir serait en incohérence totale avec tous les discours qui ont émaillé l’après 11 janvier.

 

Et soutenons le CRIJ Bretagne

Autre structure également qui connaît bien les jeunes, c’est le CRIJB. Comme tout le monde a pu le constater le CRIJB est en souffrance actuellement. Difficultés financières, crise de gouvernance, le plan social est vécu par les salariés comme une injustice.

Pour couper court à certaines rumeurs engendrées par le mouvement social au CRIJB, les collectivités, notamment la Ville de Rennes pour ce qui nous concerne, n’a pas baissé ses dotations aux CRIJB. Ces dernières années, le niveau de subvention est resté stable dans un contexte budgétaire contraint et les difficultés de l’association ne ressortent pas d’un désengagement des uns ou des autres, mais simplement d’une situation financière structurelle qu’il est temps de régler. Je tiens à redire ici l’engagement de la Ville pour aider l’association à se sortir de l’ornière – Nous y travaillons beaucoup, avec M. Jégou, ainsi que les autres partenaires du CRIJB, en lien avec l’équipe de l’association.

Sans nier les difficultés auxquelles l’association doit faire face, nous ne pouvons que soutenir les salariés dans leur exigence de transparence de la procédure et de dialogue social dans cette période difficile. S’il nous faut, à nous élu-e-s, respecter la liberté associative, nous ne pouvons ignorer l’appel des salariés à Rennes, avec qui l’association travaille en collaboration étroite depuis toujours, avec réactivité et compétence. Rappelons qu’à chaque période politique délicate autour des questions de jeunesse, le CRIJB a répondu présent. On pense bien-sûr à la mise en place des Dazibao et des nuits des 4J qui était une réponse à l’escalade répressive mise en place par la préfète Mme Malgorne.

 

Atout Clauses : favoriser l’emploi dans les quartiers

Enfin, et pour conclure, le prochain passage au PNRU (Plan National pour la Rénovation Urbaine) provoque une attente très forte de la part de la jeunesse des quartiers. On se souvient que l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) permettait, sur la base de clauses sociales, d’embaucher en priorité des jeunes du quartier en rénovation. Grâce à Atouts Clauses, équipe de facilitateurs pour l’introduction des clauses sociales dans les marchés publics, 55% des personnes employées dans le cadre d’ANRU étaient issu des quartiers.

Il nous faut nous appuyer sur Atouts Clauses dans le cadre des chantiers à venir.

Le PNRU va à nouveau nous donner la possibilité de mettre en place une manière de discrimination positive dans les territoires. C’est une chance à ne pas laisser passer pour ouvrir des perspectives à la jeunesse rennaise.