| Conseil municipal du 28/09/2026Intervention portée par Léo Beaufils au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s sur la délibération N° 41 – M. Travers D. : Aménagement et services urbains, environnement – Politique de la Ville – Équipement – Provision contrat de ville – Deuxième attribution de subventions 2026 (CSCS9) |
Madame la Maire, mes chers collègues,
Dans cette délibération, il y a une subvention au Centre de santé du Blosne, qui fait partie comme l’ASVB (Avenir Santé Villejean-Beauregard) des Structures d’Exercice Coordonné Participatives dites les SECPa.
La plus value de ces structures par rapport à un cabinet médical classique, est qu’elles développent :
- une approche globale de la santé, qui associe soins, prévention, éducation à la santé et accompagnement social
- en prenant en compte les déterminants sociaux de santé : l’alimentation, le logement, l’isolement, les difficultés sociales ou encore l’accès aux droits.
En plus des professionnel·le·s de santé habituel·le·s, on trouve aussi des métiers de coordination ou médiation en santé, d’interprétariat, de travail social, d’éducation thérapeutique et de prévention.
C’est donc une tout autre manière de concevoir le parcours de santé : l’habitant n’est pas seulement un patient qui vient consulter, il devient véritable acteur de sa santé.
Pour la Ville de Rennes, ces structures sont des partenaires essentiels notamment dans le cadre des Cités éducatives, pour faciliter l’accès aux soins des enfants dans les quartiers populaires.
À Villejean, le projet PEPITO, porté par Avenir Santé Villejean-Beauregard, permet par exemple de repérer et d’accompagner des enfants rencontrant des difficultés d’apprentissage ou de comportement, en associant familles, professionnels de santé et école.
Mes chers collègues, ce modèle SECPa est aujourd’hui à un moment décisif.
Le Premier ministre et la ministre de la Santé s’étaient engagés en début d’année à pérenniser les 26 SECPa.
Le Collectif SECPa et les services du ministère ont depuis travaillé à un modèle de financement pour le Projet de loi de finance de la Sécurité sociale 2027.
Les demandes formulées auprès du gouvernement sont claires :
- garantir le financement des 26 structures jusqu’à fin 2026 ;
- inscrire leur pérennisation dans le PLFSS 2027, dans leur enveloppe actuelle ;
- créer une enveloppe supplémentaire pour permettre à d’autres villes d’essaimer ce modèle qui a été évalué positivement.
Un communiqué commun du Réseau français Villes-Santé, présidé par la Ville de Rennes, et de France urbaine a relayé et appuyé ces demandes.
Désormais, il revient au Gouvernement de tenir ses engagements et de permettre l’entrée de ces structures dans le droit commun.
Et l’enjeu est considérable.
Si ces structures devaient fermer ou réduire fortement leurs activités, ce serait une catastrophe pour les habitants/habitantes, les professionnels et les collectivités qui les accompagnent — particulièrement dans des quartiers où les fragilités sociales et sanitaires sont déjà fortes.
La mobilisation des professionnels, des usagers/usagères, notamment à Rennes, montre d’ailleurs l’attachement à ce modèle.
En conclusion, je dirais que :
Alors que les SECPA ont largement fait leurs preuves, il serait paradoxal de demander davantage de prévention et d’accès aux soins aux territoires tout en fragilisant les structures qui œuvrent précisément auprès des populations qui en ont le plus besoin.
Le PLFSS 2027 doit être déposé dans quelques jours, dans un contexte où le Gouvernement cherche à freiner les dépenses de santé et où plusieurs transferts de prise en charge vers les complémentaires sont déjà engagés.
Nous appelons donc les parlementaires à faire preuve de vigilance et à poursuivre leur mobilisation dans les prochaines semaines pour garantir la pérennisation des SECPa et les moyens nécessaires à leur développement. Je vous remercie.
– Seul le prononcé fait foi –