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Unité de Valorisation Énergétique de Villejean : ce n’est pas à la Métropole et ses habitants de payer la facture des défaillances de l’entreprise italienne

Ci-dessus, la présentation de Laurent Hamon, vice-président aux déchets et à l’économie circulaire. Lien Youtube : https://www.youtube.com/live/EzljRlVBfn8?si=kwwcSqr5G5QLgZPU&t=5729

Ci-dessous, l’intervention des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s. Lien Youtube : https://www.youtube.com/live/EzljRlVBfn8?si=HMooebFrnquL7oyL&t=8112

Conseil métropolitain du 5 Février 2026
Intervention portée par Valérie Faucheux au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s sur la délibération n°10 : M. Hamon L. : Réseaux énergies et chaleur – Réseau de chaleur du Sud de Rennes Métropole – Concession de service public 24C0251 – Apports en Compte Courant d’Associés – Convention – Approbation

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Au niveau national et international, l’enjeu climatique est progressivement gommé de l’agenda politique par un conglomérat de forces réactionnaires et climatosceptiques. 

Au niveau local, certains élus de l’opposition voudraient nous faire croire que pour mieux respirer à Rennes, il faudrait augmenter les places de parking et favoriser le trafic automobile. Curieux paradoxe. 

Depuis plusieurs années, notre métropole garde son cap ambitieux et cohérent sur la transition écologique et notamment énergétique, qui s’inscrit dans le cadre de son Plan Climat Air Énergie Territorial. Cette délibération ainsi que la prise de parole de notre collègue Laurent Hamon, nous permet d’en rappeler deux éléments structurants : les réseaux de chaleurs, que nous continuerons à développer et la valorisation énergétique des déchets, dont nous avons déjà organisé la diminution progressive, en raison de la réduction effective des déchets et du développement de la réparation et du réemploi. 

Sur l’UVE de Villejean, nous réitérons tout notre soutien à notre collègue vice-président aux déchets, ainsi qu’aux services, qui ont su gérer ce dossier complexe avec sérieux, et pour seuls objectifs la sécurité de l’équipement et des habitants, ainsi que l’intérêt de la collectivité.

Des enjeux qui ne semblent pas “empêcher de dormir” l’expert judiciaire, pour reprendre son expression lors de son audition à la Mission d’Information et d’Évaluation, qui a bien été mise en place à la demande de l’opposition. A travers 9 réunions et une visite de site, la MIE a répondu aux interrogations des uns et des autres, conduisant à une adoption à l’unanimité du rapport. Elle a mis en évidence les manquements de Ruths et la solitude de l’expert judiciaire dont l’avis a été contredit par 4 autres études, ayant mobilisé plus d’une vingtaine d’experts nationaux et internationaux, qui confirment des non conformités sur l’usine. Le dernier rapport de Véritas, commandé par l’Etat, identifie 88 non conformités majeures, obligeant à une reprise des travaux en 2024. L’Etat a alors rappelé qu’avec UNE seule non-conformité majeure, l’autorisation de mettre en service l’équipement n’aurait pas été accordée. Car c’est bien l’Etat et non la Métropole qui délivre cette autorisation. Alors pensez-vous, avec 88…

Je souhaite que les elu.es d’opposition nous expliquent par quels ressorts machiavéliques , notre majorité aurait eu un intérêt à ne pas mettre en service l’UVE ? Je n’en vois AUCUN car nous, nous ne sommes pas des cyniques. Nous avons à cœur l’intérêt général au service des habitants plutôt que d’alimenter la gazette à mauvais escient. 

Aujourd’hui, la publication du volet financier de l’étude du même expert judiciaire, qui n’est donc pas une nouvelle expertise mais un complément réalisé à la demande de Ruths, n’apporte pas de nouveaux éléments techniques probants. Plus problématique, l’expert judiciaire n’a pas suivi l’avis d’un autre expert financier qu’il a lui-même mobilisé, qui estimait le préjudice subi par Ruths à 7 millions d’euros. L’expert judiciaire a préféré l’évaluer, par on ne sait par quelle méthode, peut-être au doigt mouillé, à 25 millions d’euros. 

L’opposition avait changé de positionnement lors de la MIE, passant du déni des non conformités de l’usine, au reproche fait à la majorité de n’avoir pas arrêté les travaux plus tôt reconnaissant les risques encourus. Elle s’appuie maintenant sur ce complément de l’expert judiciaire pour revenir à son positionnement initial et demander, à six semaines de l’élection, la démission de notre collègue Vice-Président aux déchets : ce ne sont que des coups politiques bien bas, même méprisables …

Comment alors avoir confiance en des élus prêts à faire perdre des centaines de millions d’euros à la métropole, mettant en danger les ouvriers de l’UVE et les habitants du quartier, juste… pour faire campagne ? Politiser un dossier ultra-technique pour décrédibiliser la majorité au détriment de l’intérêt collectif, c’est irresponsable et indigne de représentants élus. 

Par ailleurs, nous tenons à ajouter que les connivences observées entre l’opposition et certaines parties du dossier sont inacceptables. Rappelons que les élu-es de la République sont tenus à une exigence de probité, d’éthique et d’indépendance. S’il y a un “scandale politique” pour reprendre les termes de Mme Gandon, il serait peut être plutôt à chercher de ce côté-là. 

Nous regrettons le manque de professionnalisme et d’éthique de l’entreprise Ruths, qui a conduit à l’explosion des coûts des travaux de l’UVE et contraint la collectivité à augmenter le taux de TEOM. Pourtant, ce n’est pas aux métropolitains de payer la facture salée des défaillances de Ruths. Le temps venu, l’exécutif activera les démarches nécessaires pour appliquer des pénalités et engager des recours contre l’entreprise italienne, afin de couvrir le préjudice financier subi par la Métropole et ses habitants.

– Seul le prononcé fait foi –