
| Conseil municipal du 7 avril 2026 Intervention de Politique Générale portée par Lucile Koch au nom des élu·e·s écologistes, fédéralistes et citoyen·ne·s |
Madame La maire, chers collègues,
Nous l’avons déjà exprimé dans plusieurs communications en dehors de cette assemblée mais nous souhaitions redire ici notre révolte contre les attaques racistes qu’ont subi les maires nouvellement élus. Que ce soit l’insoumis Bally Bagayoko à St Denis, ou les écologistes Mélissa Youssouf à Villepinte et Mohamed Gnabaly à l’Ile St Denis, ces élu.e.s de la République font l’objet de propos honteux et condamnables. Nous souhaitons également redire notre soutien à notre collègue Régine Komokoli face aux attaques haineuses qu’elle a subies.
Ces attaques ne sont pas nouvelles : elles sont le fruit des discriminations et représentations héritées du colonialisme et de l’esclavage. Mais elles se multiplient, et s’expriment maintenant librement dans certaines sphères politiques et médiatiques, sans faire systématiquement l’objet de sanctions.
Elles traduisent aussi une crise de la démocratie et de la représentation puisque très peu d’élus municipaux sont issus de la diversité. L’étude du Conseil Représentatif des Associations Noires publiée à la veille des élections municipales pointait la sous-représentation des personnes racisées, notamment noires, sur les bancs de nos assemblées. Et sur ce point, nous savons que la marge de progrès est grande, à Rennes, comme ailleurs.
L’élection de ces maires issus de l’immigration et issus de quartiers populaires ne devrait étonner personne, de par la sociologie et la part d’électeurs d’origine immigrée résidant dans ces communes. Que l’accession au pouvoir de maires issus de l’immigration suscite tant d’étonnement et de crispation raciste est triste et inquiétant.
Partout où le pouvoir s’exerce, les discriminations écartent les personnes issues de l’immigration de ces sphères. Et lorsqu’elles y accèdent, le système peine à reconnaître leur place légitime.
Mais c’est aussi symboliquement les quartiers populaires qui accèdent au pouvoir et là encore, se jouent des représentations sur ces nouvelles classes laborieuses et qui seraient donc « dangereuses », comme la bourgeoisie décrivait les classes populaires au 19ème siècle. Ces dernières années, les habitantes et habitants des quartiers populaires ont trop souvent été la cible de discours stigmatisants, depuis le supposé détournement de l’allocation de rentrée pour acheter des écrans plats ou encore les parents dits défaillants qui laisseraient leurs enfants à la dérive. Ils ont aussi fait l’objet de propositions tout aussi discriminatoires comme les couvre-feux réservés aux jeunes des quartiers populaires ou la fin des aides sociales aux familles de délinquants. Lors des évènements de 2023, qualifiés « d’émeutes » en quartiers populaires, peu sont celles et ceux qui y ont vu un événement politique. Ces résultats électoraux eux, s’ils peuvent être salis par les injures racistes, ne peuvent plus être minorés ou ignorés dans leur dimension politique.
Les violences discriminatoires en quartiers populaires sont multiples et elles doivent aussi interroger nos institutions et nos services publics dans la façon d’accompagner leurs habitants. Forts de ces constats partagés avec les associations et les habitants, notre majorité mènera sur ce mandat un projet résolument anti-raciste.
Lors du mandat précédent, notre collègue Priscilla Zamord a porté la création d’un observatoire métropolitain des discriminations, ainsi qu’un conseil citoyen métropolitain où la parité sociale a été au cœur du projet.
Nous nous sommes également formé.es pendant plus d’un an en tant qu’élu·es écologistes et citoyens dans le cadre d’un groupe de travail dédié sur les questions d’antiracisme. Nous rappelons ici la nécessité d’une formation collective sur ces sujets : élus, agents mais aussi associations et entreprises.
Le mandat qui vient sera l’occasion de poursuivre le travail résolu de notre majorité contre le racisme et les discriminations avec plusieurs actions ambitieuses inscrites à notre projet de mandat :
- Création d’un lieu ressource d’accueil et de prise en charge des victimes.
- Formation et sensibilisation des agents
- Etats généraux de l’éducation en quartiers populaires
- Plan parents solo ( …% en QPV)
Nous continuerons à soutenir les associations qui œuvrent contre le racisme à Rennes, en respectant leurs libertés associatives sans cesse remises en cause par l’opposition de droite. Dans cet esprit, nous saluons l’initiative collective des Dingueries de la Terre, un parcours d’écologie populaire et antiraciste qui existe depuis 3 ans à Maurepas, construit avec et pour les habitants, par plusieurs associations.
Nous saluons l’élargissement de l’adjointure à l’égalité, à la lutte contre le racisme et les discriminations.
Vous l’avez compris, en tant qu’élus de gauche et écologistes, nous ne cesserons de combattre les discriminations et le racisme, et nous ferons en sorte que Rennes reste une ville refuge qui protège ses habitantes et habitants.
– Seul le prononcé fait foi –
