Conseil métropolitain du 5 février 2026
Rapporteur : M. Le Gentil M.
EXPOSÉ
Depuis 4 ans, au sein de la Commission Locale de l’Eau (CLE), les associations environnementales et de consommateurs, les représentants de l’Etat et des collectivités locales, mais aussi et surtout des agriculteurs ont co-construit démocratiquement un nouveau projet de Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux (SAGE) pour le bassin versant de la Vilaine.
En responsabilité, ils ont abouti à un compromis raisonnable qui, de façon inédite, introduit une restriction de l’usage d’un pesticide. La règle 1 programme l’interdiction progressive, de l’usage des herbicides maïs sur les aires d’alimentation de captage prioritaires d’eau potable. Ciblée, elle ne concerne que 1,5% du territoire du bassin versant et la formulation est issue d’une proposition des représentants des Chambres d’Agriculture.
C’est une mesure de bon sens, qui permettra d’améliorer la qualité de l’eau potable pour les 1,3 millions d’habitants du bassin versant de la Vilaine. En Bretagne, 99% des eaux superficielles et souterraines sont contaminées par les pesticides d’après l’Observatoire de l’Environnement. Sur le bassin versant de la Vilaine, seulement 8% des masses d’eau sont en bon état écologique, et la situation continue de s’aggraver selon l’Agence de l’Eau Loire Bretagne. Les coûts de dépollution –supportés par les collectivités et les producteurs d’eau potable, à travers le prix de l’eau payé par l’usager – augmentent et certaines usines de traitement d’eau potable risquent d’arriver prochainement à saturation sur les capacités de traitement des pesticides.
C’est une mesure essentielle pour la santé, face à l’explosion des cancers, notamment chez les enfants. Les preuves scientifiques s’accumulent sur le lien de causalité des cancers mais aussi des maladies neurologiques et des troubles de la reproduction, avec la pollution massive de notre environnement aux pesticides et à leurs résidus. C’est également une mesure nécessaire pour assurer aux entreprises agroalimentaires et industrielles de nos territoires une eau de qualité et en quantité suffisante.
C’est aussi une mesure de progrès pour les agricultrices et les agriculteurs, premières victimes des pesticides et qui, pour la majorité, sont prêts à faire évoluer leurs pratiques pour mieux valoriser leurs produits. Un budget conséquent de plus de 26 millions d’euros sur 6 ans est prévu pour les accompagner dans cette transformation.
Le SAGE est un document engagé dans la défense de l’agriculture, il est la garantie de sa 2 pérennité en préservant les ressources dont elle dépend : qualité des sols, de l’eau et du fonctionnement global des écosystèmes.
Dans ce contexte, le Conseil de Rennes Métropole :
– réprouve les manœuvres opérées par certains syndicats agricoles depuis des mois pour faire échouer l’adoption du SAGE Vilaine : désinformation, pressions vis-à-vis des élues et élus locaux, perturbations et blocages des réunions de la CLE, dégradations de bâtiments publics ;
– dénonce le moratoire sur les décisions liées à l’eau, pris par le gouvernement ;
– salue et soutient la mobilisation des habitantes et des habitants et des associations pour défendre ce projet de SAGE Vilaine : plus de 13 000 signatures d’une pétition, plus de 3000 personnes à la manifestation pour l’eau organisée à Rennes le 10 Janvier dernier
– demande à l’État via l’Agence de l’Eau Loire Bretagne une garantie de cofinancement sur les Paiements pour Services Environnementaux
– demande la sortie du moratoire et la garantie de la tenue des prochaines réunions de la Commission Locale de l’Eau, avec la présence des services de l’État, dans les meilleures conditions de sécurité, pour enfin adopter définitivement ce projet de SAGE dans ce mandat, et ainsi protéger nos habitants, nos agriculteurs et nos écosystèmes.
Il est proposé au Conseil :
– d’approuver le rajout de cette proposition de voeu à l’ordre du jour ;
– d’approuver ce vœu
