| Conseil municipal du 26 janvier 2026 – Intervention de Politique Générale portée par Lucile Koch au nom des élu·e·s écologistes et citoyen·ne·s |
Madame la Maire, mes chers collègues,
En cette nouvelle année 2026 et pour notre dernier conseil municipal du mandat, j’aimerais, au nom du groupe des élu·es écologistes et citoyens de la Ville de Rennes, présenter nos vœux de paix, de démocratie et d’espoir pour le monde et réaffirmer notre projet progressiste et humaniste pour Rennes.
Notre monde est aujourd’hui traversé par une déferlante autoritaire qui sape les fondements des démocraties, assoit le règne de l’arbitraire et de la violence et nous rappelle les heures les plus sombres de l’histoire.
Aux Etats-Unis, la police fédérale de l’ICE terrorise les migrants, les citoyens américains issus des minorités ainsi que celles et ceux qui tentent de les protéger. Les meurtres par l’ICE de Renee Good et Alex Pretti, citoyens américains à Minneapolis, sont assumés par l’administration Trump. Ils s’ajoutent à de nombreux signaux qui laissent à penser que les Etats-Unis connaissent une vraie dérive fasciste. Le nouvel impérialisme américain qui s’est manifesté par la capture du Président Vénézuelien et par l’obsession de l’annexion du Groenland (ou de l’Islande, on ne sait plus…), vient bouleverser l’ordre mondial en imposant la loi du plus fort. L’administration Trump a également mis en place un démantèlement méthodique des politiques climatiques, à travers plus de 300 reculs et s’est retirée de l’accord de Paris ainsi que de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Les Etats-Unis constituent un nouveau pôle autoritaire, guerrier et ennemi du climat qui s’ajoute à ceux de la Russie de Poutine et de la Chine de Xi Jinping.
L’Union Européenne doit faire face à ces menaces extérieures mais aussi intérieures, en étant elle-même confrontée à une montée terrifiante du populisme d’extrême droite. Cette progression, soutenue par Trump et ses alliés, s’illustre dernièrement au Portugal avec l’accession historique de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle ou encore en République Tchèque avec la victoire aux élections législatives d’un candidat pro Trump, qui vient rejoindre le camp de l’Italie de Meloni et de la Hongri de Viktor Orban.
Au lieu de défendre la souveraineté européenne, en développant les échanges économiques en son sein et en organisant une relocalisation écologique et solidaire, l’Union Européenne a signé l’accord de libre-échange du Mercosur. Cet accord indigne va mettre en concurrence déloyale nos agriculteurs et exposer les citoyens à des risques accrus pour leur santé. Le vote mercredi dernier du Parlement européen en faveur de la saisine de la Cour de Justice européenne pour vérifier la légalité de cet accord redonne un peu d’espoir.
Il nous faut absolument protéger notre agriculture européenne en refusant le Mercosur, mais aussi accélérer la transition écologique agricole. C’est pourquoi nous demandons l’annulation du moratoire national annoncé par le Premier Ministre sur les décisions concernant l’eau. Ce moratoire suspend le vote final du Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux du bassin versant de la Vilaine. Il est pourtant le résultat de 4 années de concertation démocratique exemplaire sur notre territoire, avec un compromis historique pour la qualité de l’eau et la santé des habitants et des écosystèmes. Ce moratoire est une nouvelle preuve d’un gouvernement lâche, qui sacrifie la santé de la population et la démocratie locale au profit des intérêts des lobbys agricoles productivistes.
Dans un monde contaminé par l’impérialisme, l’autoritarisme et le déni climatique, Rennes résiste et réaffirme son projet écologique, social et démocratique.
Face à l’accélération des dérèglements climatiques, visibles encore ce mois avec les méga-feux au Chili ou les graves inondations qui ont touché le sud de la France, Rennes agit au quotidien pour réduire son impact climatique et protéger les populations. Sur ce conseil, nous soutenons par exemple l’Agence locale de l’énergie et du climat ou encore le développement des réseaux de chaleur.
Face à l’explosion des inégalités et alors qu’on dépasse les 11 millions de pauvres en France, Rennes agit pour les populations les plus pauvres. Ce soir, nous voterons par exemple pour maintenir l’offre de santé dans le quartier du Blosne, renouveler les permanences diététiques pour les personnes précaires ou encore financer les travaux de la Maison des Migrations.
Face aux dénis démocratiques et à l’explosion des fake news, Rennes réaffirme son engagement pour la participation et la co-construction des politiques publiques avec les habitantes et habitants de notre ville.
Nous défendons la liberté associative. Non monsieur Compagnon, nous ne subventionnons pas que les associations qui sont en accord politique avec notre majorité.
Par ailleurs, notre ville maintient également son soutien aux secteurs sportifs et culturels. On en rirait si cette erreur n’était pas glaçante : au niveau national, un député RN de la Somme a déposé un amendement pour supprimer la subvention au festival Transmusicales, pensant qu’il s’agissait un festival transgenre… Vivement qu’il découvre notre festival Trav…elling, un festival de… cinéma. Au-delà de la bourde, cela en dit long du projet néfaste de l’extrême-droite vis-à-vis du secteur culturel ainsi que des personnes transgenres.
Pour terminer, j’aimerais, au nom du groupe des élu.es écologistes et citoyens de la Ville de Rennes, adresser un remerciement appuyé à nos agentes et agents engagés au quotidien pour le service public et l’intérêt général. Nos remerciements chaleureux vont également aux acteurs associatifs de notre ville qui font de Rennes ce qu’elle est : une ville vivante, engagée et solidaire. Faisons en sorte qu’elle le reste.
Je vous remercie.
– Seul le prononcé fait foi –
